Follow @PG_Birganj Tweet

Final Fantasy : Advent Children

sortie le 16/06/2009

Inutile de présenter Final Fantasy VII, n'est-ce pas ? Le jeu qui a fait entré la série FF au niveau international et représentant à lui seule la quintescence du RPG japonais.
Lorsque le projet FF VII Compilation fut lancé en 2002 et mis en forme par le jeu mobile Before crisis, une joie certaine emplit le coeur des joueurs (et fans). Puis petit à petit, le doute et la crainte de n'avoir que des produits superficielles dérivées s'installa en voyant des previews du shoot Dirge of Cerberus où l'aspect épisodique lucratif de Before Crisis... D'abord destiné au marché DVD pour une durée de trente minutes, Advent Children devient petit à petit un film de 90mn diffusé dans les salles de Cinéma japonais. Succès garantie avec une double invitation à la clé au Festival de Cinema de Venise : une pour une version "preview" et une pour la version Cinéma. Puis vient la version Blu-Ray où la durée passe à 120mn !

Plus c'est long, plus c'est...

L'histoire d'Advent Children intervient deux ans après que Cloud and co. ait éliminé Sephiroth et par conséquent Jenova dans la rivière de la vie. La vie doit donc se reconstruire, sans l'énergie Mako, doucement mais lentement. Mais, comme si la Planète n'arrivait pas à cicatriser de ses plaies béantes, une mystérieuse maladie apparut d'origine inconnue et tue à petit feu les infectés où une masse noir s'étale sur le corps de son hôte. Seulement pour ça, il n'y a aucun remède concret malgré les larges explorations du monde de Cloud pour guérir le petit Denzel adopté par le héros.

C'est donc un monde quelque peu pessimiste et grisonant dans lequel se trouve Cloud et Tifa, désormais seuls puisque le groupe s'est désuni pour vaquer à d'autres activités. Le scénario de Advent Children est en fait très simple et ne nécessitera pas énormément de rebonds ou de stupéfaction chez le spectateur. Vous vous souvenez de la "Réunion" dans le jeu où des clones de Sephiroth devaient le rejoindre vers le Cratère où est apparu Jénovah l'aidant alors à sa résurrection finale ? Si dans le jeu, nous avons assisté à cela de nos propres yeux, il semblerait que cette "Réunion" va à nouveau avoir lieu, dirigés par un trio de personnages aux cheveux argentés : le Clan Kadaj. Le film nous mettra alors en avant, la volonté de ces trois "clones" à récupéré les restes de Jenovah pour ainsi faire renaitre Sephiroth. C'est très très simpliste comme scénario et il n'a aucun autre but que de titiller l'aspect fanboy du joueur en lui faisant mitonner une montée en puissant du combat Cloud/Sephiroth. C'est un long-métrage et en temps que tel, c'est extrêmment léger, d'autant que cet aspect "fan-service" est poussé à un degré bien trop superficielle comme en témoigne l'ataque final contre Bahamut où Cloud est "poussé" par ses compagnons à s'élever au dessus de l'invocation ennemi. Une métaphore bien figuraive comme on en voit des tonnes dans le milieu de l'animation japonaise, hélas. FF AC est capable de manquer cruellement de subtilité. Ce qui est le cas, par exemple du re-design de Tifa devnant un personnage mature de type "mère-poule" à la Rinoa de FF VIII, aussi bien physiquement que mentalement. Alors qu'à l'origine, nous avions une tête brulée et un contraste étonnant entre ses formes extremement féminines et son caractère d'acier bien masculin... Ici, ces traits de caractère sont disparus alors que Tifa est devenu un personnage principal... Manque de clarté, de radicalité, FF AC souffre beaucoup de séquences trop premier degré, là seulement pour emoustiller le fan voulant voir des virevoltes de toute part.

D'un autre côté, qu'est ce qu'on pouvait espérer d'un projet qui ne devait être qu'un exercice de style de 30mn ? La version Cinéma du film, de 95mn était alors un condensé de séquences stéréotypées, sans grande originalité mais surtout sans grand rapport avec le riche enseignement de FF VII. Mais voilà que la version Blu-Ray s'est vu augmenté de 25mn... Et même si dans ces 25mn, on a rajouté (et je dis bien rajouté ; ce n'est pas un director's cut) des séquences de combats pourtant déjà bien fourni, de subtiles petits plans voir de séquences ont été ajoutés afin de mieux poser l'univers. Si ça semble peu de choses au premier abord, la narration dans son ensemble en devient plus fluide, plus agréable où on a permis de mieux installer l'environnement du film et des enjeux de l'aventure. C'est donc avec ces rajouts que le message du film passe beaucoup mieux car plus appuyé, plus équilibré avec des pauses, des monologues, des ellipses mieux assurées permettant alors de renforcer l'importance de la rivière de la vie dans l'univers de FF VII... Mais aussi son pendant négatif incarné par Sephiroth. D'ailleurs, les deux scènes avec Aerith deviennent, avec cette version longue, plus intenses car elles interviennent avec un écart plus long et plus intense que la durée initiale. Retrouver enfin le visage d'Aerith après environ 110 minutes de film a bien plus d'impact que de l'enchainer après 80mn. Le récit est donc bien mieux travaillé avec ces ajouts alors que l'on pouvait craindre justement une surenchère. Au final, cette evrsion longue enrichit le film d'origine. Si la version 90mn n'était qu'un poncif géant pour fans, la version 120mn, plus posé devient alors un bon film d'animation japonaise. Un film qui n'a pas le but de rallonger l'aventure FF VII, mais plutôt de renforcer sa conclusion. C'est plutôt réussi en ce sens. C'est un complément au jeu vidéo, mais seul il n'a absolument pas les épaules larges pour s'assumer comme un film à part entière.

Chiche sur les bonus

Si vous regardez l'arrière de la jaquette, vous verrez en bonus : "version longue remasterisé du film"... Alors, c'est sûr que si on considère ces 25mn comme du bonus, c'est de la bonne qualité comme dit plus haut. Mais au delà de ça, les bonus du film sont très limités avec trois vidéos spéciale FF. Le premier est une chronologie rapide de tous les FF, le deuxième est un montage de plusieurs cinématiques racontant l'histoire de FF VII. Le troisième est aussi un montage de cinématiques (ou séquences in-game) tentant de dévoiler toute l'histoire de FF VII incluant Before Crisis et Crisis Core. Ces vidéos sont très courtes et pas bien explicites... Si ça permet de donner quelques pistes intéressantes, en particulier sur Before Crisis qu'on a pas eu en occident, c'est très très flou et vite fait... Un travail textuel aurait de bien meilleur augure. Une vidéo remet en images l'histoire rapide de Denzel, là aussi, pas bien utile puisqu'on a parfaitement tout compris avec le film... Le reste n'étant que des trailers des différentes présentations du film étalés sur plusieurs années. Enfin, un très long trailer de FF XIII est disp. Un trailer bien plus attirant que tout ce qu'on a vu sur le web... Il est bien mieux mis en scène.

Pour les bonus, c'est donc globalement assez faible. Mais pour la technique, on frise bien entendu le sans-fautes. Un film récent et en plus, entièrement numérisé dès le départ... L'image est clean, de bons contrastes et une lumière plutôt bien équilibrée (le film est très clair à la base). La fluidité de l'animation est bien entendu respectée et il est clair que le déluge d'effets de particule ou de mouvements de caméras fait son petit effet en haute définition. FF Advent Children est parfaitement dans les normes d'un film récent en HD.

Pour le son, nous avons au choix japonais, anglais ou français tous trois en TrueHD 5.1. J'ai évidemment privilégié la piste japonaise qui en plus d'être l'original a la caractéristique d'avoir de véritables différences dans le timbre des voix. On passe des graves aux aïgues avec une rapidité déconcertante, de la douceur au cri qui permet de mieux mettre en avant l'univers sonore du film. Une voie française se serait alors concentré sur les canaux avant et a nettement moins de richesse de tonalité. Malgré quelques explosions, un Bahamut qui grogne ou une foule en arrière plan, le film est pourtant très silencieux (on va pas dire que Cloud parle beaucoup) mais ce silence parfois pesant est bien rendu sur les enceintes grâce à une bonne disposition de quelques bruits de fond. Les combats étant virevoltants, on appréciera le dynamisme des canaux de droit à gauche ou de gauche à droite avec toujours les effets de fond qui accompagnent inconsciement avec les enceintes arrières ou tantôt illustrent les courses en moto par exemple avec efficacité. La partie sonore est plutôt bien foutu et frappe plus que la qualité visuele, finalement très standard. Artistiquement parlant, la partie graphique est plutôt impressionante car bourré de détails et surtout grâce à une qualité de lumière bien particulière, mais nous ne sommes toutefois pas dans le réalisme. On est dans ce qui se fait de mieux en images de synthèse, de nos jours, mais la claque n'est pas vraiment technique. Elle est plus dans l'univers bien retranscrite à grand échelle, surtout quand on compare avec les cinématiques du jeu de 97-98.

Si le film Advent Children n'est en aucun cas indispensable à lui seul, il constitue quand même une bonne acquisition pour le fan FF VII. Néanmoins, c'est avec cette version longue que le film devient intéressant car mieux équilibré et mieux amené que le film de 90mn. Les stéréotypes du film devienent alors moins importants avec un environnement plus posé et des dialogues plus intéressants glissés entre les séquences d'action. Un Blu-Ray qui est donc très utile vis-à-vis de son homologue DVD au delà du niveau technique. Ce qui est très rare, alors profitez-en.