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Ghostbusters

sortie le 16/06/2009

Pour ce deuxième Blu-Ray Vidéo à passer sous nos yeux de critique via PG Mag, quoi de plus logique de parler du Blu-Ray Ghostbusters quand dans notre version web, nous avons critiqué le jeu vidéo ? Etant donné que le film est vendu avec le jeu (ainsi que séparément of course), on va donc s'attarder sur cette ré-édition des célèbres SOS Fantômes.

Un film toujours aussi magique

L'histoire nous narre les péripéties de trois scientifiques : le Pr. Peter Venkman (Bill Murray), Pr. Raymond Stantz (Dan Aykroyd) et Pr Egon Spengler (Harold Ramis). Ces trois compères ont le luxe de travailler à l'Université de New-York, et ont donc une bourse pour étudier la "parapsychologie". Un terme à priori scientifique sui sert de façades pour dire "recherche sur les fantômes". Comme le rappelle si bien Venkman, tu n'as pas de comptes à rendre dans le service publique, ils sont donc peinards... Jusqu'à ce que leur bourse soit épuisée et se retrouvent donc jetés. Incapables de travailler ailleurs (quel secteur privé voudrait faire des recherches sur les fantômes ?), ils décident de se lancer à leur compte, à leurs risques et périls. Inactifs pendant de longs mois, tout se déclanche subitement quand un fantôme vert bouffe tout sur son passage dans un chic restaurant new-yorkais. Il est temps pour les Ghostbusters de passer à l'action !

Ghostbusters est typiquement le genre de Cinéma Pop des 80's : humour saupoudré d'action, mais dans ce cas présent, plongé dans le fantastique. Ou "comment faire peur en riant". Jusqu'à ce jour, ce cocktail n'a pas réussi à fonctionner de la sorte. SOS Fantômes jouit surtout d'une mise en forme particulière, avec principalement un humour uniquement verbal et de mimiques naturelles, là où le XXIème siècle ne fait plus rire qu'avec du 1er degré lourding et sans réelle subtilité.

En effet, la force humoristique de Ghostbusters provient d'un décalage entre les réactions étonnament légères de nos chasseurs et de leurs ennemis pourtant "flippant" de par leur nature. Là où "fantômes" riment avec peur, leur aspect surnaturel et "incroyable" au sens propre du terme rendent leur présence incongrue, tout comme il y a une équipe de chasseurs qui les poursuivent... Qui plus est, on a là une équipe de chasseurs de fantômes qui sont à la fois spécialisés mais aussi débutants lorsqu'ils en rencontrent pour de vrai, rendant les situations totalement loufoques. Le fait est que nos chasseurs sont en fait de véritables petits geeks à fond dans leur trip qui, dos au mur se retrouvent à affronter quelque chose de surnaturel et doivent alors assurer leur action. La scène de l'assenceur en est un parfait exemple où leurs matériel "bricolé", très mécanique et bien loin des imaginations futuristes d'époque rendant alors encore plus leur situation décalée, n'est même pas sûr de fonctionner... Ghostbusters, c'est aussi bourré de mots d'esprits et de caractères radicaux presques caricaturaux formant un ensemble d'échange particulièrement savoureux.

On a Venkman, le dragueur nonchalent qui brise tous les stéréotypes des scientfiques ; Ray, le leader toujours surpris en toutes circonstances et à fond dans son trip et le placide Egon où son sérieux en toutes circonstances le rende forcément drôle dans les situations. En fait le comique de cracatère se mêle au comique de situation et on se marrera devant autant de décalages de personalités ou d'évènements : "Ray ! Quand on te demande si tu es un dieu, répond Oui !".

Du coup, Ghostbusters fonctionne toujours autant. Pour ce qui est des effets spéciaux, en revanche, il est évident que ça a vieilli, surtout sur les animatronics en plan large, mais il y en a justement très peu puisque le réalisateur (Ivan Reitman) fait justement bien attention à filmer en gros plan ou plan moyens permettant de mieux fondre les effets spéciaux qu'ils soient artisanales ou numériques avec les fantômes qui s'incrustent encore bien. Certes, les plus jeunes d'ente vous devraient peut être rire devant les FX et vous mériterez la pendaison, bande de petits ingrats ! Mais les plus intelligents d'entre vous verront qu'à l'époque, les FX vivaient pour le Cinéma et non l'inverse.

Un Blu-Ray qui manque d'investissement

Sony Pictures voulait sortir le BD-Vidéo pour fêter le quinzième anniversaire de la sortie Cinéma du film (en 1984). Il a donc dû être repoussé pou ce mois de juin. On pouvait donc attendre, pour "fêter" la sortie du disque, un Blu-Ray top niveau, clean et impec'. Ben non. En effet, l'image du titre souffre d'un bruit (=grain) omniprésent. Ce qui est particulièrement gênant pour ce support HD. Pourtant la définition de l'image est plutôt bonne, précise, mais indubitablement le bruit retire de la finesse. Mais ça a surtout des répercussions sur la saturation de l'image qui est un poil terne, manquant aussi légèrement de contraste avec un noir pas assez appuyé (le bruit y est plus visible dans les zones d'ombre). L'image perd donc de son éclat et qu'on vienne pas nous dire que c'est à cause de la viellesse du film. Sans atteindre les qualités d'un film de 2008, ce bruit était largement évitable, mais il est fort probable qu'il n'y ait pas eu de nouveau Master pour cette ré-édition. Ca reste de bonne qualité globale mais on pouvait espérer bien mieux.

Niveau sonore, on est un peu mieux. Le son est en True HD (non compressé donc) que ce soit la version anglais ou française. Le son est cependant principalement frontal et les satellites sont peu utilisés. Là, on peut sans problème justifier ça par l'ancienneté du film. Pour certaines ré-éditions de vieux films, on sent que les producteurs rajoutent des effets supplémentaires. Ici, ça n'a pas été le cas et ça respecte l'image. En effet, les satelittes arrières ne sont pas vraiment utilisés car il n'y a pas matière à les utiliser. Le film étant basé principalement sur l'humour verbal, comme dit plus haut et quelques explosions, tout vient de devant. Et pour ça, c'est assez bien équilibré. Ce n'est point transcendental mais c'est justifié sans accrocs.

Les bonus eux, sont plutôt bien choisis. Ce n'est pas la foire à tout va, mais c'est plutôt de qualité oscillant dans l'instruction plaisante avec les commentaires dont un "Picture in Picture" en regardant le film, très classe. Oscillant avec du sympatoche comme les 10 scènes coupées de qualité VHS (ouah ça fait bizarre). Il y en a qu'une ou deux qui sont vraiment intéressantes où on apprend pourquoi les profs ont été virés de l'université. On a aussi des choses intéressantes comme trois séquences dans leur version "essai de montage" mélangeant prises de vue réelles, écrans dessinés pour les plans à effet spéciaux ou plan noir et blanc pour un effet numérique particulier. On échappe pas aux bandes-annonces évidemment, ou au diaporama. On aura le plaisir d'avoir un module consacré à l'Ectomobile (qui a coûté 4500$ comme neuf avec les freins, a boite de vitesse, etc à refaire...). Plaisant. Puis, vous aurez une fonction BD Live. Si vous ne savez pas encore ce que c'est, le BD Live est un espace perso où vous pouvez vous enregistrer et enregistrer votre BD pour avoir accès à du contenu qui sera ajouté ultérieurement. Le type d'espace web 2.0 à la mode mais pas toujours très intéressant. Dans le cas de Ghosbusters, on a déjà accès à un chat' pendant le film... Non merci. Dans l'ensemble, les bonus sont sympathiques et efficaces, à défaut d'en mettre plein la vue.

Ghostbusters est donc un Blu-Ray Vidéo tout de même décevant quand on connaissait le discours de Sony Pictures et le retard du disque, juste pour son 15ème anniversaire. Néanmoins, on a déjà vu des Blu-Ray de qualité bien plus médiocre, et ce sera surtout l'occasion de revoir le film dans une résolution et son optimaux. Un film qui passe les âges sans trop de problèmes, qui fait rire, qui offre de l'aventure, qui est décalé et ne se prend surtout pas au sérieux (le défaut des films populaires d'aujourd'hui). Un blu-ray techniquement dispensable, mais un film à voir et à revoir sans craintes.