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Dexter - saison 4

diffusé du 28/09 au 7/12/2009 sur Showtime

La chaine américaine Showtime a bouclé, il y a maintenant 15 jours la saison 4 de « ce cher » Dexter. Une petite critique sur cette saison d'une série qui rivalise avec les ténors des 2000's comme The Shield ou Les Sopranos. Un tout nouvel exercice délicat pour PG Birganj car écrire une critique d'une saison implique de ne pas spoiler... Tout en réussissant à expliquer ce qui marche ou ce qui ne marche pas. Néanmoins, il faut bien parler du synopsis de base. Donc les aficionados savent déjà s'ils préfèrent lire ou non cette critique, même si l'article est garanti non spoils cruciaux. Ah et si vous n'avez pas vu les trois précédentes saisons, la raison veut aussi de ne pas lire... Ca me semble évident. Chaque chose en son temps.

The perfect american way of serial killer's life

Nous avions quitté Dexter dans la saison 3 au terme de son mariage après un face à face avec un serial-killer de bas étage, dit « l'écorcheur ». Un pauvre type qui voulait être respecté... Mais qui n'a pu avoir le temps de mesurer la différence avec un type sans aucun émotions. Car rappelons-le, Dexter est avant tout l'histoire de l'insertion d'un serial-killer dans la société américaine. Petit à petit au fil des saisons, notre héros va apprendre à vivre comme n'importe quel être humain en découvrant certains plaisirs qu'il ne peut comprendre. Ainsi, il se découvrira une « vraie » famille dans la saison 1 avec une mère, indic' de la police tuée dans une marre de sang, transformant son frère en serial-killer, comme lui-même. Un frère qui n'a malheureusement pas eu l'éducation d'un père adoptif flic lui apprenant à maitriser ses pulsions, comme Harry, le père de Dex'. La saison 2 apprendra au héros à s'assumer pleinement et à comprendre qu'il vaut mieux parfois faire des petits sacrifices au profit des gens qui l'aiment que de vouloir se mettre à nue auprès d'une inconnue psychopathe. Autrement dit, comment apprendre à réellement aimer sa compagne Rita au détriment d'une cinglée harcelante, Lyla. Puis, vient la saison 3 où il arrivera à se persuader qu'il peut avoir des amis et à fonder sa famille. Ce sera le charismatique Miguel Prado qui lui enseignera ceci, malgré sa déviance pour le meurtre, née par le trop de confiance de Dexter. Là encore, comment fonder ses propres limites pour éviter de pervertir autrui. Puis, la problématique de la saison 4 : Un serial-killer peut-il avoir une famille, avec un bébé à élever ?

Nous avions quitté Dexter dans la saison 3 au terme de son mariage après un face à face avec un serial-killer de bas étage, dit « l'écorcheur ». Un pauvre type qui voulait être respecté... Mais qui n'a pu avoir le temps de mesurer la différence avec un type sans aucun émotions. Car rappelons-le, Dexter est avant tout l'histoire de l'insertion d'un serial-killer dans la société américaine. Petit à petit au fil des saisons, notre héros va apprendre à vivre comme n'importe quel être humain en découvrant certains plaisirs qu'il ne peut comprendre. Ainsi, il se découvrira une « vraie » famille dans la saison 1 avec une mère, indic' de la police tuée dans une marre de sang, transformant son frère en serial-killer, comme lui-même. Un frère qui n'a malheureusement pas eu l'éducation d'un père adoptif flic lui apprenant à maitriser ses pulsions, comme Harry, le père de Dex'. La saison 2 apprendra au héros à s'assumer pleinement et à comprendre qu'il vaut mieux parfois faire des petits sacrifices au profit des gens qui l'aiment que de vouloir se mettre à nue auprès d'une inconnue psychopathe. Autrement dit, comment apprendre à réellement aimer sa compagne Rita au détriment d'une cinglée harcelante, Lyla. Puis, vient la saison 3 où il arrivera à se persuader qu'il peut avoir des amis et à fonder sa famille. Ce sera le charismatique Miguel Prado qui lui enseignera ceci, malgré sa déviance pour le meurtre, née par le trop de confiance de Dexter. Là encore, comment fonder ses propres limites pour éviter de pervertir autrui. Puis, la problématique de la saison 4 : Un serial-killer peut-il avoir une famille, avec un bébé à élever ?

La saison 4 jongle comme d'habitude entre différentes affaires mais au final, tout tournera autour de la « famille » et ce, sous tous les angles possibles. On reviendra toujours à ça et ça pourra se traduire par des séquences clés, comme par des petites séquences familiales où Dexter devra emmener Cody (fils de Rita) camper tout en trouvant un moyen de zigouiller quelqu'un... A force de regarder la série, ça peut paraître normal, mais l'incongruité des situations est toujours à la fois loufoque et oppressante. Loufoque joué par la voix off de Michael C.Hall pensant à la nuit qu'il passera pendant qu'il joue avec une colonie d'enfants. Oppressant pour la même raison, amplifié quand on voit les réactions incrédules des interlocuteurs face à l'impassibilité du serial-killer. Le danger de regarder de Dexter est d'oublier l'essentiel : le décalage entre ce héros qui reste un serial-killer impulsif vivant une vie parfaite avec enfants et femme à charge... Si on a l'impression que le héros s'assagit au fil des saisons, n'oublions pas la drôle de sensation que nous avions au tout début, qui peut toujours revenir à tout moment car Dexter n'est pas un justicier... Juste un gars avec des pulsions meurtrières. Il n'a pas un besoin de justice. Il a un besoin de meurtre. Et, est-on forcément en sécurité avec un gars de ce genre ?

Trinity Killer : un miroir

Dans chaque saison, nous avons un grand méchant : Le tueur au camion frigorifique ; Lyla Tournay ; Miguel Prado. La saison 4 ne déroge pas à la règle et il s'appellera Trinity Killer. Contrairement aux autres saisons, il n'y a même pas d'affaire policière officielle. Seul l'agent Lundy attache de l'importance à ce soit disant serial-killer car en recoupant des meurtres à priori rien à voir, on se rend contre que ce nouvel ennemi tue par cycle de trois dans différentes villes américaines. La première victime est égorgée dans sa baignoire, la suite, vous verrez vous même. A part Lundy, la Police de Miami et le FBI ne prennent pas cette affaire suffisamment au sérieux. Sauf Dexter qui comprend rapidement que la thèse est crédible. Plus, Trinity fait le contraire de Dexter. Ce dernier camoufle ses corps dans les eaux du Pacifique, alors que l'autre les laisse en exhibition, lui permettant tout de même de tuer depuis au moins 30ans. Va s'ensuivre une véritable intrigue pour ce tueur mystérieux, intrigue partagée par Dexter mais surtout par le spectateur.

La saison de 12 épisodes est grossomodo divisée en deux parties de six épisodes. La première partie sert bien entendu à poser les enjeux de la saison : la thématique familiale, ainsi que l'observation et l'apprentissage sur Trinity. Pendant environ six épisodes, on traitera d'une certaine fascination pour ce tueur hors-du-commun : qui est-il ? Pourquoi ? Comment ? Puis... A partir de l'épisode 6, le voile tombe et nous connaissons désormais le fonctionnement de l'ennemi. L'histoire creusera encore plus sur le personnage interprété par un John Lithgow intriguant au possible, porté vers un naturel et une attitude déconvenue saisissante. Si vous regrettiez auparavant le manque de duel « sergio leonesque » dans la série, c'est à dire du « mano a mano », du œil pour œil, dent pour dent ; vous serez servis avec cette saison. Le but du jeu, à l'instar des trois autres saisons, sera pour Dexter d'apprendre quelque chose sur la vie auprès de son ennemi. On l'a rappelé en début d'article. On jouira donc d'une confrontation oppressante entre deux « monstres » qui se cherchent, qui se méfient mais qui s'attirent l'un l'autre (ce n'est pas sale ! Et ce n'est pas le moment de déconner !), presque comme deux animaux où plus rien d'autre ne finira par compter. Un super duel de long en large, qui se termine avec maestria bien qu'avec brutalité, d'un point de vue montage. Le spectateur en sortira, bouche bée grâce à un montage particulièrement tranchant coupant alors l'herbe sous le pied au spectateur.

Mais ce finish en laissera probablement plus d'un dubitatif qui trouvera ça, trop tôt vis à vis de la série globale car trop évident. On pourra aussi craindre de la tournure de la saison 5, qui marquera probablement un revers dans le ton de la série... Ou peut être pas, après tout. Car à tout moment, les scénaristes de la série arrivent à retourner la situation pour toujours nous relancer et surprendre. Mais un doute subsistera. D'autant qu'on pourra regretter que quelques intrigues secondaires de cette saison 4 soient totalement inutiles mettant en scène le personnage à priori intéressant d'Angel, ainsi que la chef « qui fait pas vraiment chef » Laguerta. On regrettera aussi qu'une intrigue secondaire liée à Deb' soit bouclée avec autant de bâclage et de précipitation. Même si ça permet, scénaristiquement, de faire un rappel, c'est une sous intrigue assez importante qu'on a vite lâché. Les scénaristes ont gaspillé une cartouche intéressante pour la S5.

Au final, la saison 4 est d'un point de vue fondamentale, la meilleure de la série. Car elle permet d'approfondir encore plus l'état d'esprit de Dexter : jusqu'où peut aller sa noirceur, jusqu'où peut-il être bon, peut-il garder une vie familiale normale malgré le « code de Harry » ? Si on suit l'évolution du personnage qui remet régulièrement en question son humanité depuis la saison 1, on peut alors considérer qu'on a une réponse claire et nette grâce à cette opposition contre Trinity. Mais cette saison 4 est aussi celle où l'on a des choses à redire sur le script comme on l'a dit, avec des errements de fond et des bouclages rapides, alors que tout se dégoupillait plutôt bien auparavant que ce soit sur l'intrigue principale ou les secondaires. On regrettera aussi quelques petits passages à vide aux abords de l'épisode 7-8-9 où certaines scènes sembleront longuement inutiles, alors que d'autres scènes utiles auraient mérité plus de temps pour renforcer leur impact et leur pertinence. Mais dans l'ensemble, nous avons là une saison aux enjeux dramatiques puissants, deux personnages qui s'entrechoquent et crèvent l'écran par leur prestance (compliment au clap de fin de l'épisode 11), ainsi qu'un finish qui marquera le spectateur.
C'est aussi la première saison où la fin pose des questions sur la suite alors que le point était définitif pour les trois autres. La saison 4 est celle qui semble marquer le changement, surement confirmé l'année prochaine. C'est aussi elle qui a battu le record d'audience de la série avec l'épisode final. Amplement mérité.