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TICKET CINÉ N°1

écrit le 10/01/2011

Voici donc une nouvelle rubrique : le ticket Ciné. Le but est de vous écrire des avis à chaud sur les films regardés durant la semaine qui vient de s'écouler. Ca peut être n'importe quoi : du Cinéma, en vidéo, ou la télévision et peu importe leur genre (je vous éviterais les pornos, ahem), peu importante la date. L'idée est de pouvoir parler Cinéma sans avoir à écrire d'analyses poussées, étant donné que la priorité reste tout de même le jeu vidéo. Et comme, il y a bien souvent au moins un jeu par semaine... En espérant vous donner envie de regarder ces films. Et il faudra vous habiter à cette notation sur cinq, qui semblera dur pour certains.

The Thing (1982) - de : John Carpenter - avec : Kurt Russel

Un classique de John Carpenter où un parasite extra-terrestre vient s'infiltrer dans une station scientifique paumé en plein Antarctique. Un long-métrage qui passe à une vitesse folle tant la pression nous fait accrocher à ce huit-clos dans la neige. En effet, l'ennemi commun à ces scientifiques et techniciens est qu'il est capable d'imiter tout être qu'il investit... Un mélange de paranoïa et de stress permet alors au spectateur de se prendre au jeu du « qui est qui ? » grâce à un rythme bien maitrisé où tout est découpé par séquences distincts, histoire de bien illustrer le temps qui s'écoule le long de cette histoire. Si on sent que le film a un peu vieilli, dans des cadrages assez classiques, un teint d'image granuleux et pâle, la qualité de montage et de l'intensité de l'action nous fait oublier un début malencontreusement drôle (un mec qui fait exploser son pote car sa grenade a glissé, ça fait toujours rire). On retiendra aussi des effets spéciaux saisissants grâce un superbe travail des costumes et maquillages pour nous montrer la « fusion organique » du monstre. Palpable. Une bien bonne histoire donc, même si la fin manque d'intensité.

Rollerball (2001) - de : John McTiernan - avec : Jean Reno, Chris Klein

Un film de McTiernan, c'est toujours sympa à mater au vu de la propension de l'homme à bien tourner les films d'action. Et quand on filme Rollerball, un film mettant en avant un sport fictif illustrant tous les maux du sport de haut niveau (violence, sexe, supporters déchainés et lobotomisés, argent et indubitablement magouilles), on se dit que ça peut être bon. Si le discours est plutôt intéressant, mis dans un film d'action « divertissant » pour le spectacle, la mise en forme part finalement largement en couilles. Si le premier match du fameux Rollerball est intéressant à voir et prenant grâce à beaucoup d'effets caméra donnant le tournis, le rythme qui s'ensuit amenant l'intrigue des matchs truqués est lui, hâché à la moulinette pour amener à de l'action bourrin sur fond de musique métal (utilisé avec parcimonie, c'est bien, mais l'amplifier sur une heure et demi, pas trop) et des scènes sans aucune subtilité. Le finish du film brille par du gros port'nawak avec un Jean Reno qui cabotine en se faisant passer pour un méchant mafieux impitoyable. Il est drôle au début, ridicule à la suite. Finalement, si la base était là, le montage tout pourri (bourré de faux raccords décalées de quelques secondes... A croire que c'était volontaire, mais vu que je n'y ai pas trouvé de raison...) rend l'ensemble vraiment médiocre. Ca pouvait accoucher d'un film bourrin mais plutôt jouissif, ça devient finalement quelque chose de totalement incohérent et cliché. Cela incitera peut être à regarder le film d'origine, de 1975 qui est, lui, un film d’anticipation.

Burn After Reading (2008) - de : Joel et Ethan Coen - avec : Georges Clooney, Brad Pitt, Frances McDormand

Les frères Cohen ont encore frappé. En brisant en milles morceaux les images de G.Clooney, John Malkovitch et surtout Brad Pitt dans cette comédie totalement burlesque où le quiproquo est roi, Joel et Ethan Cohen arrivent à nous faire accrocher et rire de cette histoire invraisemblable où une femme célibataire ayant besoin d'argent pour divers opération de chirurgie esthétique tombe sur un disque contenant des données secrets d'un agent de la CIA looser récemment mis à la porte. Comme toujours chez les réalisateurs et scénaristes Cohen, l'importance est l'écriture des personnages. Avec des portraits loufoques et barrés mais pourtant ancrés dans une réalité certaine (LA spécialité des Cohen étant justement de faire d'un simple malentendu de la vie courante, tout un film dynamique) interprétés avec une justesse juste hilarante (le sourire ridicule de Clooney, la loose attitude de Pitt, la « beauf-onnerie » de Malkovitch et surtout l'incroyable sans-gêne de McDormand, déjà terrible dans Fargo), on en oublie le but ultime de l'histoire pour se concentrer sur les situations grand guignolesques des personnages qui se croisent et se recroisent sans se rendre compte de l'impact de leurs actes pleins d'ignorance. Le métrage est surtout bien, écrit et narré et par conséquent bien monté pour que le spectateur prenne le temps de s'attacher à cette palette de personnages tous issues de la vie citadine à la fois si quelconque et impressionnante de ridicule (le prof de gym qui se la pète mais complètement abruti, le coucheur compulsif, l'ivrogne qui sait tout et qui maitrise rien, la pauvre cruche qui croit au mythe de la chirurgie esthétique)... C’est cette capacité à nous narrer quelques séquences de « rien » pour en faire un joyeux et drôle « tout » qui rend cette comédie si efficace. Du Cohen certes léger, mais de très bonne qualité (à l'inverse d'Intolérable Cruauté ou Ladykillers, pour rester dans le genre).

La Nuit Nous Appartient (2007) - de : James Gray - avec : Joaquin Phoenix, Mark Walhberg

L'histoire d'une famille liée à la Police de New-York devant enquêter sur l'implantation du trafic de drogue russe dans les night clubs des années 80. Le personnage principal, incarné par un Joaquin Phoenix intense aux sentiments modulables le long du film, est cerné entre deux murs. D'un côté, son père est capitaine de Police et son frère, lieutenant dans la section des Stups ; de l'autre son patron et ses connexions dans le monde la nuit où sa carrière grimpe en flèche comme patron de clubs. Sa vie va basculer quand un important trafiquant de drogue alimentant ses boites va être arrêté par la NYPD. Le film nous retrace des années forts sombres de la ville de New-York. En effet, dans les années 80, la violence augmentait rapidement, avec l'apparition de la cocaïne, le monde de la nuit fleurissant, ainsi que des inégalités sociales importantes. Film de 2007, La Nuit nous appartient, retransmet pourtant excellemment bien ce monde in-sécuritaire grâce une excellente photographie où la pénombre et les lumières tamisés enrichissent les décors avec subtilité et élégance. De part une histoire relativement simple, c'est l'enchainement des séquences et des actions-clés avec un rythme très efficace et grâce à une interprétation bluffant de Phoenix, Duval et dans une moindre mesure Wahlberg (on ne peut pas dire que cet acteur ait un visage très expressif) qui rend ce métrage de Gray, un très bon polar nous dévoilant des relations dramatiques vraiment puissantes car mises en scène avec un réalisme de « sang froid ». On louera aussi des scènes très intenses où la caméra cesse de poser le décors pour nous imposer une oppression incessante lorsque les héros seront en danger de mort (ne spoilons pas), via des cadrages serrés, un montage nerveux et un jeu sur le son (ou plutôt son absence de son) permettant au spectateur de se prendre au jeu. On notera cependant, une petite baisse de rythme au milieu du film ; coupé en deux : une première heure sans aucun répit et une seconde un peu plus posée et peut être moins limpide pour déterminer le changement de comportement des personnages.
Une bien belle histoire, bien que très pessimiste au final.

Le Dernier Château (2001) - de : Rod Lurie - avec : Robert Redford, James Gandolfini

L'histoire d'un commandant haut gradé accusé d'avoir été responsable de la mort de huit soldats sous son commandement lors d'une mission en Afrique. Dans sa prison militaire, il est confronté à un directeur de prison aux méthodes dures soumettant au plus bas tous les détenus anciens militaires. C'est alors une lutte de pouvoir et d'autorité qui va s'opposer le Commandant haut gradé aux valeurs fortes ayant connu le champ de bataille et le directeur de Prison faisant régner la terreur couvert par une opinion « luxueuse » de l'art de la Guerre mais n'ayant connu que la bureaucratie.
C'est alors un amas total de clichés qui va venir s’abattre sur nous pendant deux heures dans des séquences assez invraisemblables justifiés par une symbolique pompeuse et bien trop caricatural pour être pris au sérieux. Nous assistons bêtement au gentil respecté qui soulève une armée (de détenus) contre un tyran haineux et aigri de voir qu'un homme dégradé lui sape son autorité. Le caractère des personnages est simpliste à l'extrême que ce soit le duo Redford/Gandolfini ou les seconds rôles et nous n'avons en fait pas grand chose à retenir de la morale de l'histoire, tant ce genre de dualité est devenu banale et déjà vu mille fois. La fin puant le patriotisme aveugle dénué de toute substance intéressante. Un énorme gâchis quand on connait la qualité des acteurs à l'affiche, mais malgré des efforts d'intégration, leurs personnages sont trop étriqués pour des acteurs aussi talentueux. Reste quelques scènes amusantes, parfois même drôles, à la vue des réactions du personnage de Gandolfini (l'image de Cartman criant « respecte mon autorité ! » m'étant venu plusieurs fois à l'esprit)... Ce n'était peut être pas le but et ce n'est jamais bon signe d'avoir une telle réaction devant un film dramatique.