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TICKET CINÉ N°3

écrit le 24/01/2011

Voici donc une nouvelle rubrique : le ticket Ciné. Le but est de vous écrire des avis à chaud sur les films regardés durant la semaine qui vient de s'écouler. Ca peut être n'importe quoi : du Cinéma, en vidéo, ou la télévision et peu importe leur genre (je vous éviterais les pornos, ahem), peu importante la date. L'idée est de pouvoir parler Cinéma sans avoir à écrire d'analyses poussées, étant donné que la priorité reste tout de même le jeu vidéo. Et comme, il y a bien souvent au moins un jeu par semaine... En espérant vous donner envie de regarder ces films. Et il faudra vous habiter à cette notation sur cinq, qui semblera dur pour certains.

Je suis une légende (2007) - de : Francis Lawrence - avec : Will Smith

Inspiré d'un roman éponyme, le long-métrage Je suis une légende nous dépeint un New-York désert où un virus a décimé 5 milliards d'Hommes de la planète et le reste ayant muté en monstres mi-zombis, mi-vampires. Robert Neville (Will Smith) est étrangement immunisé et, coup de chance, est un éminent scientifique, qui s'évertue malgré sa solitude à chercher un remède. D'emblée, on sent que le film est parfait pour Will Smith se donnant le rôle du grand héros à la bonne pensée : il est absolument seul pendant les trois quarts des 100 minutes lui permettant alors de soulever la production à lui tout seul. Et c'est un petit peu le problème, le film est d'une simplicité assez alarmante, se permettant d'ignorer des tonnes de précisions sur la nature du virus (on s'en doute mais ce n'est jamais bien clair et assumé), pourquoi le héros est immunisé, c'est quoi ces monstres (dans le roman, ce sont des vampires et forment surtout une communauté complexe et hiérarchisé ; ce qui est totalement absent ici transformant le film en simple film de « zombis » muni de quelques explosions), etc. C'est dommage car il y avait un joli potentiel, que ce soit sur un réelle transposition du roman (rien à voir avec ce film simple où le gentil bute plein de méchants monstres) ou sur l'aspect « survie » du héros. On apprécie le tout début où le héros converse avec son chien (un beau Berger Allemand, bien plus classe que Will Smith pour tout dire), mais ça part en freestyle pour transformer le tout en film d'action banal... Un gros gachis, malgré de beaux décors, de bonnes idées, de bonnes séquences mais un ensemble simpliste (mention aux monstres en images de synthèse fort peu crédibles car mal conçus et pas toujours bien incrustés).

Présumé Coupable (2009) - de : Peter Hyams - avec : Michael Douglas

Un petit mot vite fait sur cette sombre daube Série B (ou C ou D, à ce niveau on ne sait plus) où un petit con de journaliste pense à gagner le prix Pulitzer en fabriquant des fausses preuves pour faire tomber un procureur populaire ayant un taux de réussite parfait. Il décide alors de se faire accuser d'un meurtre en maquillant des preuves pour ainsi démasquer le procureur qui en fabrique des fausses. Histoire grotesque, bourré d'incohérences, de raccourcis, de situations incongrus où le mec oublie sa preuve chez lui à deux heures de trajet du tribunal et des dialogues d'une pauvreté et linéarité affolante digne d'un sketch de Pierre Palmade (mention pour une private joke sur le chien dans The Mask, une vanne qui fait plouf trois fois). Michael Douglas joue le méchant avec une telle nonchalance et inexpression qu'il est intérieurement content qu'une bande de cons aient accepté de lui filer un gros chèque pour boucler ses impôts... C'est aussi horriblement mal monté (dénouement fatal en 10 minutes top chrono ; un lap de temps énorme raconté en 5 minutes)... Bref, un thriller bien bidon, bien cliché, fini à la pisse. Bon, voilà quoi... On peut se tromper de temps en temps (je parle pour moi qui ait choisi de regarder ça).

Atanarjuat, la légende l'homme rapide (2001) - de : Zacharias Kunuk - avec : Natar Ungalaak

Une fiction réaliste sur la communauté inuk. Les iuits, peuple nomade de l'Alaska, Sibérie, Groenland vivent en toute petit communauté, où les familles sont liées les unes aux autres. De nature pacifique, la destinée d'un petit groupe va être profondément chamboulé quand une forme de « Mal » va entredéchirer leurs membres : prétention, jalousie, traitrise et meurtres. De ce lot en ressortira deux frères qui ont grandi dans la difficulté et une malchance permanente : Amaqjuaq, l'homme fort et Atanarjuat, l'homme rapide. Le spectateur va suivre leur vie sur 167 minutes, coupé d'ellipses et de flashbacks concernant leur enfance. Si l'histoire est fictive et que l'on va s'attacher fortement à ce héros Atanarjuat au destin peu emballant à la base, toute la mise en scène est elle totalement réaliste au point de frôler le documentaire. On assistera alors aux longs trajets des nomades, à leurs cycles saisonniers, à leurs coutumes, au mariage, à leur caractère et leurs croyances. Dotée d'une réalisation sobre mais pratiquement in-situ dans son aspect (caméra à l'épaule, gros plans sur l'effort des personnages ou à l'inverse, toujours cette forme d'écart courtois vis à vis de la communauté (caméra éloignée ou en contre-plongé) comme si l'on s’immisçait dans leur vie sans vouloir les déranger. C'est prenant car totalement crédible et à la fois très héroïque où la vie de tous les jours de ces inuits est un vrai combat physique et mental (à nos yeux d'occidentaux vautrés dans notre canapé). C'est une véritable plongée dans un peuple à la fois éloigné mais rendu proche de nous en leur faisant subir un « Mal » prenant la forme des maux du monde occidental... Une idée simple mais mis en image avec un tel naturel que la plongée en devient passionnante. On notera des petits soucis de compréhension, à cause d'ellipses un peu trop grosses et mal mis en avant (on saute parfois huit mois sans s'en rendre compte). Et notons d'une ambiance musicale permanente envoutante participant à l'immersion dans le peuple inuit. Anecdote : le film reçut le prix de la Caméra d'Or au Festival de Cannes et le prix du film international au festival de Toronto.

Jusqu'en enfer (2009) - de : Sam Raimi - avec : Alison Lohman

Retour de Sam Raimi dans l’épouvante. Seulement, qu'est-ce que l'épouvante ? Faire peur, c'est ça ? Si on sait que Raimi a tendance à prendre beaucoup de second degré (Evil Dead, évidement), il vaut mieux savoir la maitriser car sur ce Jusqu'en enfer, je me suis... bien marré. Ben ouais, ce film est trop drôle car totalement impromptue dans les « horreurs » que subit cette pauvre banquière qui a refusé une prolongation de prêt à une gitane (qui lui jette un sort, vous avez compris). Très dégueu, voir scato où la pauvre héroïne gobe une mouche, se reçoit tout un bras dans la bouche, se fait mordre par une vieille sans dentier... Bref, c'est très drôle. Drôle aussi parce que c'est bien mis en scène évidement, gros plans bien dég', effets de surprise loufoques via un montage dynamique, quelques répliques amusantes, etc. Toute la première partie du film ressemble à une sorte de grosse journée de merde où vous vous mettez la honte devant vos collègues et inconnus (« oh excusez, je vous ai vomi dessus ? » ; ce genre de choses). Le film est aussi très visuel avec de beaux décors et jolis plans « comics books » (gros plans, plongés, cadrages graphiques, couleurs bien saturés, etc) quitte à être totalement incohérent (allez hop, je creuse une tombe parfaitement rectangulaire en 10 minutes et je me noie dedans en 5). Bon, voilà, c'est drôle, c'est joli, c'est un film très court (100 minutes qui filent vite) car finalement un film d'horreur (aussi amusant soit-il) n'a vraiment rien à dire (ah si à part une morale bien pourrave vaguement pointée vers les banques en période de total désamours). Sympa ; on passe un bon moment fun... Jusqu'à la dernière image.

Le Maitre d'Armes (2006) - de : Ronny Yu - avec : Jet Li

Quand vous voulez mater Jet Li, regardez un film hong-kongais. Généralement, ça ne rate pas. Ronny Yu connait ses gammes avec ce « Maitre d'armes » où un puissant maitre d'arts martiaux (Jet Li) voit son arrogance augmentait au fur et à mesure que ses victoires s'enchainent. Trop imbu de sa personne, il finira par faire le geste de trop : tuer un ancien et respecté maitre d'arts martiaux pensant qu'il avait provoqué un de ses élèves... Cette histoire est inspirée de la vie de Huo Yanjia, célèbre pratiquant chinois, héros national à la fin du XIXème sicèle, mais elle est très édulcorée et arrangée pour en devenir non pas un gommage mais un film d'action plutôt simple. Loin d'un rythme prenant et d'un naturel attachant d'un Il était une fois en Chine, par exemple, Le maitre d'armes se veut beaucoup plus simple. C'est un pur divertissement de combat avec une morale légère mais suffisamment éloquente pour nous divertir. Avec des chorégraphies virevoltantes et puissants mis en valeur par une caméra spectatrice mais dynamique suivant l'intensité des coups, le métrage de Ronny Yu nous est livré sans temps mort. Si le film se permet des écarts de réalisation plus « modernes » et spectaculaires au détriment de la gestuelle et du discours avec des effets un peu trop exagéré lors des combats (en particulier la gestion des armes qui s'envolent tous partout) ou des ellipses énormes coupant les années passées pour plus d'action, ça reste un divertissement de qualité et fait honneur aux classiques des arts martiaux chinois. Pas un grand film, mais bien prenant et défoulant, tout en grâce telle que le cinéma hong-kongais nous a habitué.

Harcelés (2008) - de : Neil LaBute - avec : Samuel L.Jackson

Un flic afro-américain pro-Bush veuf impose ses règles et codes moraux à ses enfants mais aussi à son entourage... Surtout à ses nouveaux voisins : un jeune couple « mixte », ce qui ne plait pas vraiment à ce personnage un brin « discriminant ». Joué par un Samuel L.Jackson qui prend son rôle au sérieux en flic complètement cinglé, Harcelés reste néanmoins un film très malsain où on nous pond une thématique démagogique puant de sous-entendus, de jugements, d'oppression casse-couilles, de clichés bourgeois, bref le parfait piège moralisateur d'une Amérique puritaine. Certes, on sent que le but du film au départ est de se servir de cette mentalité répandue pour pondre un thriller où le voisin flic fait vivre un enfer à ses voisins couillons mais finalement, cette sensation malsaine, glauque est tellement omniprésente que tout le film devient antipathique au point où on se demande si les intentions du réalisateur ne sont pas plus opaques qu'une dénonciation « spectacle »... Un film très étrange qui en plus de sa thématique douteuse (qui personnellement m'insupporte énormément) a un rythme plutôt lent et ne dépasse jamais son idée de base. Bref, à oublier : mais on gardera en mémoire un Samuel L.Jackson professionnel qui joue son rôle au point et le fait que les américains ont un énorme problème avec le « racisme latent »... Et en France aussi, à vrai dire. Ce qui est plutôt flippant de se servir de ça pour en faire un simple « divertissement »...