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TICKET CINÉ N°5

écrit le 7/02/2011

Voici donc une nouvelle rubrique : le ticket Ciné. Le but est de vous écrire des avis à chaud sur les films regardés durant la semaine qui vient de s'écouler. Ca peut être n'importe quoi : du Cinéma, en vidéo, ou la télévision et peu importe leur genre (je vous éviterais les pornos, ahem), peu importante la date. L'idée est de pouvoir parler Cinéma sans avoir à écrire d'analyses poussées, étant donné que la priorité reste tout de même le jeu vidéo. Et comme, il y a bien souvent au moins un jeu par semaine... En espérant vous donner envie de regarder ces films. Et il faudra vous habiter à cette notation sur cinq, qui semblera dur pour certains.

Eden Lake (2008) - de : James Watkins - avec : Kelly Reilly, Thomas Turgoos

Avez-vous déjà été importuné par une bande de gamins mal élevés ou adolescents provocateurs ? Difficile de répondre convenablement, n'est-ce pas ? Difficile de ne pas rester de marbre quand des petits cons vous manque de respect... Mais dans n'importe quelle ville, vous savez que face à une « bande », on passe son chemin et basta... Mais qu'advient-il, quand vous allez passé un week-end dans une bourgade anglaise près d'un lac et d'un bois ? Quand une bande de petits bouseux viennent vous emmerder dans un lieu isolé ? D'un côté comme de l'autre, on est tenté de ne pas suivre cette fameuse règle du « je passe mon chemin » car après tout, nous sommes en vacances, ce ne sont pas des petits bouseux qui vont faire chier... Hélas, dans ce joyeux monde du XXIème siècle où l'éducation parentale tombe en ruine face à la rapidité d'évolution et d'adaptation des pays développés laissant pour compte une jeunesse qui n'a plus aucune valeurs en poche... Ca donne le film d'horreur Eden Lake. Une bande jeunes adolescents vont perdre les pédales face un jeune couple citadin où leurs propres provocations vont se transformer en carnage. Une course-poursuite isolée dans les bois d'un couple persécuté et violenté par une bande d'ados violents... L'horreur du métrage est efficace à souhait grâce à un réalisme qui fait froid dans le dos : tortures diverses et impromptues couplées à une tension montant crescendo grâce à un étau qui se ressert sur l'héroïne, perdue seule dans un bois qu'elle ne connait pas... Elle qui n'était là que pour un week-end romantique. Si, on n'évitera pas quelques clichés du genre (poursuites, portables qui vous repère, pénombres, etc), le tout est mis en scène avec dynamisme mais – on le répète – réalisme. Le spectateur se met à la place du héros et fait vraiment mouche. Si on couple à ça, un discours pessimiste sur l'orientation que prend l'éducation de la jeunesse, coupé de toutes valeurs morales... Un film choc.

Une petite zone de turbulence (2009) - de : Alfred Lot - avec : Michel Blanc, Miou Miou

Vous vous souvenez du rôle d'emmerdeur de Michel Blanc dans les années 80 ? Marche à l'Ombre « j'ai été attaqué par des loups » ? Viens chez moi, j'habite chez une copine « c'est chiant ce concert, vous trouvez pas ? (à la messe) » ? Les Bronzés « ce soir, je vais conclure » ? Ben vous prenez son étiquette comique de cette époque et vous le balancez de nos jours, ça donne Une petite zone de turbulence. Jean-Pierre est un retraité anticipé qui habite une superbe maison sur un large terrain muni d'un étang (trop la classe quoi). Jean-Pierre, il voit sa fille qui va se marier pour la deuxième fois avec un type surnommé « Bac moins six », son fils est homosexuel mais galère encore pour s'affirmer et sa femme le trompe avec son ancien collègue, mais tout ça ne serait rien si Jean-Pierre ne serait pas hypocondriaque... Alors qu'il devait probablement se faire chier pour ses premiers jours de retraite, il s'aperçoit qu'il y a une tâche rouge sur sa peau au niveau des reins. Si son médecin lui affirme que ce n'est qu'un petit eczéma, Jean-Pierre n'en croit rien et se persuade qu'il a un cancer. Il va surtout faire chier son monde pendant 110 minutes de film. Ca faisait fort longtemps qu'on avait pas vu une bonne comédie française qui misait avant tout sur de bons dialogues, situations et qualité d'interprétation. N'ayant absolument pas la prétention d'être un film « important », Une petite zone de turbulence est surtout une superposition d'emmerdes du quotidien mis en scène avec surréalisme et humour pince-sans-rire. Le film n'est en aucun cas sérieux, c'est un amas de nerfs qui lâchent à cause des « trucs qui gonflent » (pour citer du Bigard). Michel Blanc interprète un rôle qui lui va comme un gant et on pourrait presque prendre ça comme une dédicace pour ses anciens fans. Ca balance des répliques qui vous fouettent la tronche en pleine face, des répliques totalement décalées, presque hors-sujet interprétées avec un sérieux détonnant. « T'inquiète pas, je ne me suis pas amputé la hanche avec mon rabot, j'ai juste un cancer. Mais ça va, c'est bon, je l'ai coupé avec mon ciseau »... C'est du « Michel Blanc show », même si le reste de la famille nous sort des bonnes choses, c’est tout de même lui qui porte le film. Un film pas du tout ambitieux comme en témoigne la réalisation tranquille, sans aucune personnalité, qui pourrait presque n'être qu'un téléfilm... Mais voilà, le truc, c'est que les dialogues sont si savoureux qu'on se marre comme des baleines. Un film presque « nostalgique » pour Michel Blanc, mais qui fonctionne encore 20ans après s'être débarrassé de son étiquette petit chieur hypocondriaque.

Breakdown (1997) - de : Jonathan Mostow - avec : Kurt Russel

Jeff (Kurt Russel) décide de changer d'air dans les Etats-Unis avec sa femme. Sur une route désertique au sud du pays, sa voiture tombe en panne. Un routier propose alors de déposer sa femme au prochain arrêt, un café avec station service. Quand Jeff réussit enfin à réparer et part retrouver sa femme, celle-ci n'est jamais arrivé à destination. Un thriller oppressant où l'immensité du désert nous dévoile la solitude et l'impuissance d'un héros perdu dans une bourgade de rednecks louches. C'est tendu du début à la fin, même si la deuxième partie se tourne vers un côté action plus prononcé, mais le spectateur sent le héros malmené de toutes parts avec la menace de l'inconnu qui plane sur lui. Kurt Russel est tout à fait crédible, prenant et prouve qu'il peut être un héros subtil, sans abus de testostérones. La réalisation de Mostow est très efficace avec des plans larges pour nous dévoiler ce « trou du cul du monde » (dixit le film) et des séances d'action bien rythmés, bien montés en gérant la tension tout au long du film. Un excellent thriller divertissant qui tranche avec beaucoup de films du genre. La fin un peu trop hollywoodienne peut décevoir certains qui voyaient en ce projet un film plus « vicieux »... Mais on se contentera d'un projet efficace, prenant et original (dans sa photographie très colorée et lumineuse, son décors désertique, cette peur de l'étranger). Mine de rien, c'est déjà beaucoup, de nos jours.

Série noire pour une nuit blanche (1985) - de : John Landis - avec : Jeff Golblum, Michelle Pfeiffer

Tombé par grand hasard sur ce film que je ne connaissais absolument pas, malgré ce casting très séduisant. Ed (Jeff Goldblum) est insomniaque, sa femme le trompe et s'emmerde dans son travail ; et c'est dans un tel état de léthargie dépressif qu'il tombe par hasard sur une jeune femme (Michelle Pfeiffer) dans le parking d'un aéroport de Los Angeles. Poursuivie par des tueurs iraniens, elle demande de l'aide au premier gars venu... Ed va passer la nuit blanche la plus riche de sa vie. Vous n'avez pas besoin de connaître la date du film que vous avez compris que nous sommes dans les années 80 : couleurs chaudes, musiques pop très forte, séquences exclusivement musicales et quelques scènes dénudées qui arrivaient encore par miracle de passer la censure de l'Amérique puritaine. Le genre est lui aussi typique des années 80. Présenté au départ comme une sorte de policier, nous tombons finalement sur un cocktail d'action, d'humour et petite zeste d'amour joliment naïf. Un classique série B sans intérêt alors ? Pas vraiment. Le pitch est plutôt cocasse d'une part et les deux tiers du film se déroule pendant une seule nuit, permettant alors de condenser l'action et la narration dans un temps limité, conduisant inévitablement à un rythme dynamique excellemment huilé, tout en enchainant différents décors et donc scènes variées où l'humour burlesque est de mise. Si les codes des années 80 sont rattachés solidement à ce film (dénouement vite fait ; en plus des éléments sus-mentionnées), il n'empêche qu'il sort des sentiers battus justement par cette réalisation variée et prenante, ainsi qu'un duo d'acteurs charmant comme tout, jouant naturellement leur rôle pourtant assez insensé. Un chouette bon film qui a un peu souffert visuellement avec l'âge, surtout au niveau de la colorimétrie de l'image, du look des personnages et de ces nombreux codes devenus avec le temps, clichés. Mais l'ensemble se regarde avec énormément d'amusement. Bon script et bon rythme.

Envoyés Très Spéciaux (2009) - de : Fréderic Auburtin - avec : Gérard Lanvin, Gérard Jugnot

Cette semaine, je suis quand même tombé sur pas mal de films moyens. Mais je ne peux qu'en prendre qu'à moi-même. Qui peut être assez con de croire qu'une comédie française financé par EuropaCorp (j'avais pas fait attention à ça en choisissant le film) allait être drôle ? Ne serait-ce même qu'intéressant ? Pourtant le pitch de départ se prêtait vraiment à de la bonne déconne tout en étant cynique et sarcastique. Un journaliste (Lanvin) et son technicien (Jugnot) sont envoyés en Irak pour un reportage spécial dangereux (genre Sadam Hussein revient d'entre les morts), sauf que par la force des choses, ils ne peuvent pas y aller et histoire de ne pas perdre la face, vont faire style d'y être en s'informant via la télévision satellite et internet tout en commentant leur reportage radio (ouais parce qu'en vidéo, ça aurait plus difficile). Problème : ça joue très mal (personne n'y croit), les dialogues sont d'une lourdeur et d'un commun mortellement ennuyeux, ce qui aurait pu être un mélange de comédie grinçante (vu le sujet) est expédié en deux séquences avant de tourner au gros n'importe quoi faussement larmoyant ou on fait intervenir les petits copains de la bourgeoisie parisienne ; et l'autre atout (qui était le classique duo antagonistes à la Weber) est ruiné par des dialogues pauvres, de petites vannes de merde entres potes pourtant financés à plusieurs milliers d'euros (et encore, même « nos » vannes sont meilleurs, les vannes du Cinéma français sont généralement des témoignages de la bulle dans laquelle vivent ces petits prétentieux qui se tirent la nouille à chaque rencontre)... L'ensemble est pas crédible une seule seconde, le script a dû être écrit en une journée (voir même largement improvisé pendant le tournage), réalisation à l'arrache, bref. Une jolie arnaque comme le Cinéma français aime majoritairement s'auto-congratulé. Enfin bref... Il fallait bien perdre une heure et demi de son temps pour confirmer de ses propres yeux et oreilles que les années 2000 sont (toujours) désastreuses pour ce média en France.