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TICKET CINÉ N°9

écrit le 7/03/2011

Voici donc une nouvelle rubrique : le ticket Ciné. Le but est de vous écrire des avis à chaud sur les films regardés durant la semaine qui vient de s'écouler. Ca peut être n'importe quoi : du Cinéma, en vidéo, ou la télévision et peu importe leur genre (je vous éviterais les pornos, ahem), peu importante la date. L'idée est de pouvoir parler Cinéma sans avoir à écrire d'analyses poussées, étant donné que la priorité reste tout de même le jeu vidéo. Et comme, il y a bien souvent au moins un jeu par semaine... En espérant vous donner envie de regarder ces films. Et il faudra vous habiter à cette notation sur cinq, qui semblera dur pour certains.

Desperado II (2008) - de : Robert Rodriguez - avec : Antonio Banderas, Johnny Depp, Salma Hayek

Une sorte de « fausse suite » à Desperado, où le sous-titre « Il était une fois au Mexique » tente de nous sortir une référence au Western Spaghetti mais à Mexico en reprenant le personnage intemporel du Desperado, toujours par Banderas. Sincèrement ? Il n'est pas utile de parler du scénario qui consiste à créer une révolution fictive du gouvernement mexicain avec des trafiquants de drogue. En fait, ce film est un super défouloir « je m'en foutiste » pour Rodriguez où il y mêle des scènes d'action caricaturales, exagérés en surnombre avec une pose attitude abusée et un humour de branleur très facile... Mais voilà, l'image est colorée, la réalisation des scènes d'action reste efficace (dans son genre bordélique), bien que nettement moins ambitieuse que le précédent volet et surtout nous avons un patchwork de grands acteurs qui se mettent sur la gueule dans leur propre style : Johnny Depp, impayable dans le rôle du branleur, Banderas reprend son rôle de solitaire, Salma Hayek malheureusement présente en flashbacks incarne la « belle et tendre » avec élégance, Eva Mendes n'a pas grand chose à faire mais c'est marrant de la voir, Mickey Rourke nous la joue « méchant sensible » avec son petit chien (très drôle ce chien), Willem Dafoe joue aux cinglés sans trop se mouiller, Danny Trejo fait du Danny Trejo et même Enrique Inglesias se la joue en maniant son charme avec humour. C'est pas crédible, c'est pas forcément cohérent mais ça défouraille avec un sens de l'esthétique unique... A prendre au troisième ou quatrième degré surtout. A partir de là, c’est fun et récréatif.

Copland (1997) - de : James Mangold - avec : Sylvester Stallone, Robert deNiro, Harvey Keitel

Dans un New-York gangrené par la violence, la Police n'arrive plus à mettre leur famille en sécurité. C’est pourquoi une partie de la Police a décidé d'emménager dans une cité paisible en dehors de la ville. Le shérif Freddy Heflin est garant de la sécurité de la cité au peu de problèmes intervient forcément... Il a perdu l'audition d'une oreille dans l'exercice de ses fonctions, ce qui l'a empêché d'entrer officiellement dans la Police de New-York... Devenu flegmatique, son poste lui convient donc comme un gant. Mais quand un groupe de policiers se trouve être des ripoux mêlés à l'argent mafieux et sont près à tuer pour garder leur secret, le shérif va devoir dépasser les conventions du métier, c'est à dire fermer les yeux sur ses collègues. L'inspection générale de la Police va mettre la pression à la fois sur la bande ripoux et mettre le shérif face à ses responsabilités. Copland est un film très posé qui nous démontre les largesses du système policier, des combines internes et surtout, le fameux « non-dit » où l'on est censé se protéger les uns des autres. Et cette hypocrisie permanente pète un moment ou un autre quand on dépasse les bornes. C'est une photographie intense et réaliste qu'on nous dresse devant 1H35 de métrage. Pas une photo de la Police en générale, bien sûr mais du mutisme permanent censé protéger autrui qui ne fait qu'enfoncer encore plus les relations professionnels et évidement humaines. Grâce à un casting sublime où l'on a Stallone incarnant parfaitement son rôle de « policier raté/désabusé », un Harvey Keitel en véritable salopard, Ray Liotta en emmerdeur et Robert Patrick en fascho de base. On regrettera que De Niro n'ait pas plus d'importance dans le film ; car l'oppression et la tension que l'on a à suivre les aventures de ces ripoux sous les yeux du shérif complice de par inaction, maltraité par ces « haut gradés » est vraiment prenante et aurait mérité un peu plus d'approfondissement, surtout dans son final vite torché mais effaçant aussi toute notion héroïque, que ce soit chez les flics que par ce shérif bedonnant et sourd. Avec une réalisation efficace en utilisant bien la photographie obscure du métrage (soit la nuit en extérieur, soit l'intérieur tamisé d'un bar), on se laisse embarquer dans un Polar aussi lent que la détente du héros mais au silence palpable et prenant où l'action de cette brigade de Police mouillée jusqu'à l'os nous frappe en plein estomac. Un excellent polar.

In the Air (2009) - de : Jason Reitman - avec : George Clooney

Ryan Bingham a un travail assez particulier. On le paye pour licencier les employés à la place de patrons trop lâches pour s'en occuper. Sa société consiste à « accompagner le licencié vers un nouveau départ » ; mais concrètement, ça s'appelle « licencier avec la forme ». Ryan (Georges Clooney donc) effectue son travail avec professionnalisme, sans réelle affection, ni empathie et applique sa philosophie de neutralité dans sa vie personnelle. Parce que sa société traite avec les entreprises de tous les Etats-Unis, en pleine Crise financière, il est sans cesse en voyage : il n'a donc aucune attache, que ce soit matérielle ou humaine. Mais, ironie du sort, son super travail risque de prendre un coup dans l'aile quand une jeune diplômée propose un nouveau système de licenciement à distance, utilisant une webcam et un ordinateur... Sentant sa belle vie menacée, il va persuader son patron qu'avant d'utiliser ce système, il va falloir apprendre à la « petite jeune » ce qu'est réellement son boulot. Il va la former et nous allons donc découvrir les dessous de son travail. Partant d'une idée de base splendide et susceptible d'être matière à critique acide et sarcastique sur les dessous du système d'emploi des Etats-Unis, In the Air est finalement gentillet dans le genre. En vérité, il n'y a pas de réelles critique, juste un constat où des mecs sont payés à virer des gens qu'ils ne connaissent pas donc dénués de tout sentiment. Et en parlant « sentiment », c'est ce que va cacher le film finalement. Au contact de la jeune apprentie, ainsi qu'après de son « coup du soir », une femme qui lui ressemble en tout point, le héros va voir sa philosophie asociale vaciller. Et le problème, c'est que les « romances » au Cinéma sont toujours identiques, seule le contexte change... Ici, on a inclus une romance dans le milieu de la Crise économique, c’est à dire un repositionnement morale vis à vis de l'importance du travail et sa famille. Le discours final étant quelque peu naïf, je me garderais de vous le décrire. L'humour n'est là que par légères intermittence devant l'incongruité de certaines situations et la « satire » sur ces «employés de voyage » y est très gentillette seulement introduit par le jeu de séduction entre Clooney Vera Farmiga où tout se résume à l'argent, les voyages et leur job. Au final, on nous a vendu une satire sociale, on nous a refourgué une énième romance... Le final change des habitudes, mais ça reste une romance gentillette. Déception au vue de l'idée de départ. N'empêche, George a la classe et la naïveté d'Anna Kendrick assez touchante (bien que le message de son personnage fasse rire tout de même devant tant de simplisme).

Identity (2002) - de : James Mangold - avec : John Cusack, Ray Liotta

Pitch de départ classique mais intéressant : dix personnes ne se connaissant pas sont contraints de trouver refuge dans un petit hôtel à cause des pluies fortes inondant les environs. Rapidement, ils meurent un à un, il y a un tueur parmi eux. Dans un huit clos sombre, le thriller aurait pu être oppressant et « joueur » avec le spectateur. Hélas, nous avons là, la mise en place extrêmement classique et surtout superficielle d'un thriller bas de gamme : des personnages pas assez travaillés, qui n'ont rien à raconter, n'ont aucun background, on enchaine alors des ficelles classiques qui tentent de nous donner envie, puis vu que tout le monde meurt rapidement ; on commence à émettre une hypothèse (surtout vis à vis du titre du film et parce qu'on a déjà vu tel métrage ou joué à tel jeu ; si je vous balance les références, ça ne sert à rien de le regarder, vous aurez de suite compris l'intrigue)... Et patatras, l'intrigue est dévoilée une bonne demi-heure avant la fin, réduisant l'intérêt des péripéties des personnages, pour tenter de nous retourner avec un dernier twist tiré par les cheveux et trop figuratif... Avec un pitch de départ très intéressant et psychologiquement prenant, James Mangold nous pond un film plat, très court (1H27) expliquant le manque de profondeur des personnages (un comble quand on comprend l'intrigue) et fout en l'air une idée magnifique en un film ultra banal, à se demander ce que fout Ray Liotta et John Cusack là-dedans... Une grosse déception au vu de l'histoire de base pour un film sans aucune personnalité (et sans jeu de mot).