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TICKET CINÉ N°11

écrit le 21/03/2011

Voici donc une nouvelle rubrique : le ticket Ciné. Le but est de vous écrire des avis à chaud sur les films regardés durant la semaine qui vient de s'écouler. Ca peut être n'importe quoi : du Cinéma, en vidéo, ou la télévision et peu importe leur genre (je vous éviterais les pornos, ahem), peu importante la date. L'idée est de pouvoir parler Cinéma sans avoir à écrire d'analyses poussées, étant donné que la priorité reste tout de même le jeu vidéo. Et comme, il y a bien souvent au moins un jeu par semaine... En espérant vous donner envie de regarder ces films. Et il faudra vous habiter à cette notation sur cinq, qui semblera dur pour certains.

Meurtre à Hollywood (1988) - de : Blake Edwards - avec : James Gardner, Bruce Willis

Voilà un film au pitch surprenant. Se déroulant au sein d'un Hollywood des années 20 dans le Cinéma muet, le légendaire marshall Wyatt Earp (James Gardner) est engagé comme « conseiller technique » sur le plateau de tournage d'un film retraçant Ok.Corail. Il fait alors connaissance avec le héros du film, grande vedette de Cinéma, Tom Mix (Bruce Willis). Mais, dans cet Hollywood, les producteurs ont leurs petits secrets ; et pour avoir connu un de ces secrets, une patronne de maison de passe réputée meurt pendant le tournage. Le héros réel et fictive vont s'associer pour savoir ce qu'il se cache derrière tout ça... Nous sommes en face d'un film très étrange où se mêle des restes de western (forcément Wyatt Earp quand même), les débuts d'une enquête policière et comédie légèrement burlesque mais plutôt léger et un peu lourd... Un film pas du tout maitrisé, qui s'étire en longueur pour tenter de rendre intéressant un script très simple... Au dénouement qui plus est, « scooby-dooesque ». On appréciera la reconstitution des plateaux de tournage de l'époque, d'un duo d'acteurs qui ont l'air de s'amuser (ils devaient penser que l'idée décalée donnerait un film amusant), mais un film très léger qui passerait déjà pour « facile » à cette époque des 80's pourtant pas réputé pour être très regardant... Bonne idée très mal exploitée.

Opération Dragon (1973) - de : Robert Clouse - avec : Bruce Lee

Le film (unique) américain de Bruce Lee est aussi celui le plus aseptisé et fade. S'il a le mérite d'avoir faire connaître et reconnaître le célèbre Petit Dragon dans le monde entier, ce film est d'une platitude déconcertante et servira surtout de canon pour des centaines d'autres films américains d'arts martiaux (Van Damme en tête). Un méchant chef d'organisation clandestine organise un concours d'arts martiaux pour s'éclater mais aussi trouver de nouveaux gardes du corps. Bruce Lee travaille pour les renseignements secrets américains et participe au tournoi pour démêler le gang. Deux autres hommes : un afro-américain et un dragueur vieillissant américain (ben oui c’est un film américain) y vont pour on ne sait quelle raison. Le principe du « tournoi » est toujours un moyen très simple pour avoir du spectacle de qualité et rythmé selon la ferveur d'une compétition. Hélas, les combats sont très statiques et peu nombreux. Les combats de Bruce Lee sont là pour servir de « démonstration » et ne sont pas de véritables performances tant on ne ressent aucun effort de mise en scène des combats, aucune intensité chez l'acteur principal... De plus, le peu des combats sont coupés par l'enquête de Bruce Lee se résumant à visiter des sous-sols dignees d'un James Bond du pauvre bourré de décors et d'accessoires très « cheap » (bouuuh le plan final centré sur une griffe en moumoute). Seuls les effets de caméras lors du combat final dans les miroirs sont intéressants à défaut d'être vraiment prenants ; le reste est vraiment trop basique... On préféra ses films hong-kongais.

Dead Man (1995) - de : Jim Jarmusch - avec : Johnny Depp

Attention, film assez expérimental et sensoriel. Dead Man nous narre le chemin vers la Mort d'un avocat se prénommant William Blake au XIXème siècle, le même nom du célèbre poète. Guidé par l'âme d'un indien, le jeune William Blake, parti découvrir l'intrépide grand Ouest meurt d'une balle en plein cœur. A son réveil, il va apprendre à ne faire qu'un avec la Nature et se laisser « vivre » jusqu'à la fin de son chemin. Dead Man a un sujet très poétique, très onirique et spirituel comme en atteste son scénario et surtout l'ensemble de symbole plus ou moins visibles le long de ce métrage en noir et blanc (l'absence de couleurs symbolisant l'absence de vie en est le choix le plus évident). D'un rythme contemplatif, très lent, parsemé de fondu enchainés noir est très difficile à captivé. Il faut réussir à entrer dans ce « trip » mené par la musique rock presque « Woodstock » de Neil Young ; une chose pas aisée. Si nous avons des choix esthétiques, de cadrages, de rythme justifiés et beaux joints à une interprétation envoutante d'un Johnny Depp « fantomatique » ; le problème du film de Jarmusch est qu'il part dans tous les sens. Nous suivons le parcours d'un homme qui suit le sentier de Mort tout en apprenant à découvrir ce qu'est la vie telle qu'il ne l'a jamais conçu de son vivant. Ok. Mais c'est un peu mince car les péripéties de cet homme vont surtout nous amener à entendre des propos pseudo-philosophiques et des images symboliques qui renvoient à des tonnes de références culturelles, morales ou bibliques. Au point où la cohérence n'y est plus et on ne peut pas adhérer à l'ensemble du métrage. Tel un « voyage », le spectateur va voir ou entendre des choses capturés ici et là grâce au champs de caméra du réalisateur mais n'ira jamais plus loin. Nous ne faisons qu'accompagner le héros pendant deux heures. Est-ce pour cela que celui-ci se ballade avec un deuxième cheval sans cavalier ? Le spectateur est invité à joindre William Blake dans sa redécouverte de la vie juste avant la mort. Histoire d'appuyer le point de vue de l'homme mort, on suit en parallèle trois tueurs à gages engagés pour éliminer ce William Blake pris involontairement pour un hors la loi ; ironie du sort, non seulement il est déjà mort, mais le réalisateur montre aussi toute la bêtise et toute l'ignorance de ces trois hommes bien vivants complètement étranger à ce rite initiatique. Bref, un film extrêmement sensoriel difficile à juger, mais qui manque tout de même de substance pour épaissir et donner une meilleure crédibilité au propos du film. On peut faire de la Poésie, sans être versatile.

Evolution (2001) - de : Ivan Reitman - avec : David Duchovny, Julianne Moore

Lorsqu'il fut annoncé, Evolution incarnait une sorte de « retour des bonnes valeurs 90's » alors que nous entrions à peine dans les 2000's. Evolution incarnait le retour d'Ivan Reitman à la réalisation et David Duchovny (anciennement Fox Mulder et récemment Hank Moody) sur grand écran. Le film se veut être une sorte de comédie parodiant les films catastrophe de science-fiction. Vous savez, le genre de film où un géant machin explose la Terre (Godzilla), de méchantes bébêtes se multiplient pour réduire les humains à néant (Starship Troopers) et une dose d'explication scientifique pour crédibiliser un film « débile » (Independance Day). Ben Evolution est une comédie qui vise ces genre là. Des scientifiques explorent une météorite tombé sur Terre. Un liquide bleu inconnu en est extrait et va se révéler être évolutif en temps record. D'état unicellulaire, la matière va évoluer en passant par différents stades d'évolution que ce soit par les lézards, dinosaures et primates. C’est un film à voir au second degré pour son scénario suffisamment élaboré pour créer différentes tensions d'un film action mais avec un humour plutôt premier degré (souvent de l'ordre de la mimique, de la gestuelle des acteurs, un humour très visuel, pas compliqué) venant sans cesse casser le scénario « sérieux ». Un film qui se révèle au final assez simple dans sa construction (on peut le voir comme une sorte de SOS Fantômes du XXIème siècle, sans être aussi original) et qui aurait pu devenir plus ambitieux par son idée de base, un casting excellent et des effets spéciaux bien foutus (mais très coloré et volontairement cartoonesques). Mais Reitman étant trop frileux, on se contentera d'un film humoristique, assez clin d’œil dans la manière de réaliser le film. Le genre de film qu'on dit « efficace ».