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TICKET CINÉ N°14

écrit le 17/04/2011

Voici donc une nouvelle rubrique : le ticket Ciné. Le but est de vous écrire des avis à chaud sur les films regardés durant la semaine qui vient de s'écouler. Ca peut être n'importe quoi : du Cinéma, en vidéo, ou la télévision et peu importe leur genre (je vous éviterais les pornos, ahem), peu importante la date. L'idée est de pouvoir parler Cinéma sans avoir à écrire d'analyses poussées, étant donné que la priorité reste tout de même le jeu vidéo. Et comme, il y a bien souvent au moins un jeu par semaine... En espérant vous donner envie de regarder ces films. Et il faudra vous habiter à cette notation sur cinq, qui semblera dur pour certains.

Jurassic Park (1993) - de : Steven Spielberg - avec : Sam neil, Jeff Goldblum

Grand classique des années 90, Jurassic Park a marqué toute une génération de cinéphiles (dont vous faites probablement partis). Recréer les dinosaures disparues pour en faire une attraction touristique... Voilà qu'une idée, elle est bonne ! Grâce à Spielberg et Michael Crichton, on sait que... ce n'est pas vraiment une bonne idée. Film d'aventures catastrophe où une bande de professeurs se paument dans un gigantesque parc aux proies à des dinosaures affamés (on leur donne que des chèvres à bouffer et des plantes qui leur sont toxiques... sont cons ces scientifiques). Encore aujourd'hui, les effets spéciaux, mélange d'animatronic et d'images de synthèses (ces dernières se repèrent assez rapidement, généralement en plans larges) restent encore impressionnants et crédibles vingt ans plus tard. Le rythme énergique de l’aventure (malgré une baisse de tension au milieu du métrage) aide aussi à se prendre au jeu. De plus, la pointe d'humour permettant de créer un cocktail « blockbuster » participe à la sympathie du film, encore et toujours. Nous sommes face à du pur spectacle et en cela, Sam Neil ou encore Jeff Goldblum (le pauvre, j'ai toujours trouvé qu'il avait un rôle ingrat avec sa jambe pété la moitié du film) assurent l'essentiel. En tant que spectacle dit « grandiose », on pardonnera tout de même des défauts ou des incohérences un peu trop comiques (rechercher des graines dans une montagne de merde ; le Jeff qui veut jouer au héros seul à seul face à T-Rex ; des petits défauts d'échelle principalement quand le T-Rex se ramène sans problème dans le musé ; etc). Ca reste l'épisode le mieux construit de la trilogie et surtout le plus original.

Old Boy (2003) - de : Chan-Wook Park - avec : Choi Min-sik

Grand Prix du Festival de Cannes, Old Boy aura fortement marqué les esprits. Enlevé près de chez lui, un père de famille sans soucis, Oh Dae-Soo est gardé en captivé dans une chambre d'hôtel pendant 15ans. Régulièrement, il est enlevé pendant ses quinze ans d'emprisonnement et doit vivre avec pour unique compagnie, la télévision. C'est par ce biais qu'il apprend que sa femme meurt et en est le principal suspect. Il va ainsi nourrir une haine envers l'homme inconnu qui l'a enlevé et est à deux doigts de s'échapper quand il est remis en liberté dans la nature... Il comprend vite que l'inconnu veut jouer avec lui quand il lui fourni un téléphone portable et un porte-feuille garni. Déshumanisé et seul dans un Séoul qu'il ne reconnait plus, Oh Dae-Soo n'a que la vengeance en tête et va devoir trouver qui l'a enfermé et pourquoi. Dès le début du métrage, on sent que ce n'est pas un film vraiment rationnelle et réaliste. De part sa réalisation extrêmement stylisé par des mouvements assez lents et contemplatifs et sa photographie obscure, Old Boy est plus un film poétique qu'un genre codifié. Nous suivrons le héros en quête de vérité et de vengeance, ainsi qu'en quête d'une certaine humanité perdue. Il va très vite retrouver deux alliés de poids, une cuisinière rencontrée par hasard et son ami d'époque pour remonter jusqu'à la source de tous ses maux. C'est un film très sensible, qui va essayer de toucher le spectateur aux tripes par des émotions fortes : la vengeance et la haine sous-jacente du héros magnifiquement exprimé par un Choi Min-sik en perpétuelle évolution le long des deux heures d'images ; mais aussi en montrant une forme d'aliénation que ce soit chez le héros ou son tortionnaire, l'un comme l'autre ayant perdu tous repères et esprit rationnel. La fin du métrage pourra en choquer plus d'un, que ce soit dans l'explication ou dans son interprétation. Mais elle nous montre que ce Cinéma qui nous est montré, est une œuvre complètement onirique, sensible et poétique malgré ses thèmes et images cruels. A voir comme une immersion sensorielle grâce à sa réalisation et sa musique envoutante, ainsi qu'une expérience émotionnelle, grâce à la puissance d’interprétation des acteurs et du script dérangeant. Une histoire qui respire aussi complètement la culture asiatique, ne cherchant pas forcément à tout rationaliser, d'où des scènes surréalistes ; c'est aussi pour ça que tout le monde n'adhérera pas à cette histoire empoisonnée.

L'Imaginarium du Docteur Parnassus (2007) - de : Terry Gilliam - avec : Heath Ledger, Christopher Pollum

Que diriez-vous si vous pouviez vous plonger dans vos rêves et vous balader dans votre imagination ? Une chose impensable en vérité, mais pourtant, c'est ce que le docteur Parnassus propre à l'aide de son miroir magique. Traversez-le et vous ferez une ballade dans un monde reflétant vos envies les plus précieuses. Malgré tout, le docteur Parnassus et sa petite troupe voyage dans leur spectacle itinérant sans le sou car le monde d'aujourd'hui a oublié l'importance des histoires et de l'imaginaire... Et le docteur est bien placé pour le savoir puisqu'il a vécu depuis plusieurs siècles voyant le monde se désintéresser à ce monde des rêves. En pariant avec le diable, le docteur reçut tour à tout l'immortalité, puis la chance d'avoir une fille plusieurs années plus tard. Mais le diable est vicieux et tout a un prix. Ce prix, le docteur devra le payer en rendant sa fille au diable le jour de ses 16ans. Dans sa folie du jeu, le diable propose un dernier défi au docteur : le premier à capturer 5 âmes grâce au miroir magique a la garde de la fille. Heureusement, le docteur rencontre et sauve sur son chemin un jeune homme à l'article de la mort mais au charisme certain lui permettant de faire rameuter de nouveaux clients... et donc d'âmes à capturer. L'imaginarium est avant toute chose un métrage quasiment maudit. Il a mis de nombreuses années à se réaliser et est aussi la toute dernière apparition de Heath Ledger, décédé juste après le tournage de Dark Knight mais dont la moitié des scènes de Parnassus avait déjà été tourné. Incapable de boucler la fin de la réalisation, le réalisateur Terry Gilliam modifia légèrement le script pour faire transformer le visage du personnage de Tony (Ledger) à chaque fois qu'il traverse le miroir. Pour ces scènes, c'est Johnny Depp, Jude Law et Colin Farrel qui reprennent et rendent hommage d'une certaine manière à Heath Ledger. Un casting 5 étoiles donc. Mais la difficulté de Gilliam à boucler son projet a probablement influencé le ton et la cohérence de son métrage. L'Imaginarium du docteur Parnassus est un film très décousue dans sa narration et peu limpide. L'histoire met un temps fou à démarrer et fait languir le spectateur sur la raison d'être de cette troupe de troubadours pendant la moitié du film... La seconde moitié est, elle, un délire visuel drolatique et impressionnant digne d'un surréalisme à la Salvatore Dali. Un monde coloré et illustrative rappelant les contes d'enfant par exemple ou Big Fish de Tim Burton. Mais, l'histoire étant d'un simplisme assez déconcertant, ces deux heures sont mal exploitées et on ne sait jamais vers quel ton on se dirige. D'une première heure assez sombre, mystérieuse entrecoupée de séquences théâtrales enjouées (merci Heath Ledger), on passe à un univers coloré et irrationnel la seconde moitié du temps ne nous racontant pas grand chose d'intéressant, juste un plaisir oculaire. Gilliam tente de nous faire titiller notre âme d'enfant en rappelant que les gens ont perdu leur sens créatif et libertaire mais, sa mise en forme étant brouillonne, mal cadencée et au final assez ennuyeuse où se mêlent des sous-intrigues pour combler le vide du propos nous ennuie plus qu'autre chose. Un film qui aurait pu être magique tant les quelques séquences du miroir sont très belles, avec un Heath Ledger sympathique mais plombé par un rythme léthargique et des personnages globalement tristes, glauques et pas du tout attachants... Difficile de nous faire émerveiller de la sorte.

30 Jours de Nuit (2006) - de : David Slade - avec : Josh Hartnett, Melissa George

L'idée de départ était originale et intéressante : des vampires profitent du mois où il n'y a pas de soleil en Alaska pour dévorer une ville entière. Le métrage tente de mettre en avant une survie de pratiquement un mois de plusieurs habitants (le titre est trompeur, ils passent que 19 jours) vivant la peur au ventre de vampires organisés. Sauf qu'au final, la réalisation est plate, figurative, les jours défilent vite et il n'y a jamais un réel instinct de survie qui est montré ici. Juste une bande de gars qui se planquent en ayant froid. Les vampires ne sont pas visuellement très recherchés : vous prenez le cliché d'un russe costaud, des lentilles noirs, du faux sang sur son dentier pourri de carnaval et basta. Il n'y a pas de réel épouvante, les dialogues sont pauvres, il ne se passe vraiment rien d’extraordinaire à par une ou deux exécutions de types à peine suggérés et une fin abracadabrantesque digne d'un dessin animé pour ado... Bref, comment flinguer une bonne idée en film banal et chiant avec des acteurs issus de série télé mal dirigés. Il n'y a pas grand chose à dire de plus...