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TICKET CINÉ N°15

écrit le 25/04/2011

Voici donc une nouvelle rubrique : le ticket Ciné. Le but est de vous écrire des avis à chaud sur les films regardés durant la semaine qui vient de s'écouler. Ca peut être n'importe quoi : du Cinéma, en vidéo, ou la télévision et peu importe leur genre (je vous éviterais les pornos, ahem), peu importante la date. L'idée est de pouvoir parler Cinéma sans avoir à écrire d'analyses poussées, étant donné que la priorité reste tout de même le jeu vidéo. Et comme, il y a bien souvent au moins un jeu par semaine... En espérant vous donner envie de regarder ces films. Et il faudra vous habiter à cette notation sur cinq, qui semblera dur pour certains.

Dans la brume électrique (2008) - de : Bertrand tavernier - avec : Tommy Lee Jones

Dans une petite ville proches des bayous de la Louisiane, des jeunes prostitués sont tuées sauvagement. Le détective Dave Robicheaux (Tommy Lee Jones) enquête tout en jonglant entre ses relations avec le truand/producteur de films local Julius Balboni (John Goodman), ses propres démons (alcool et hallucinations du passé), ainsi qu'une étrange amitié naissante avec un acteur alcoolique... Partant d'un pitch très simple, le métrage se veut contemplatif en abusant des beaux décors des marais (bayous) de la Louisiane tout en insistant sur l'intimité du personnage principal dans sa façon d'enquêter quelque peu légère. Le film insiste beaucoup sur des scènes du quotidien autour des personnages principaux mais aussi beaucoup de secondaires censés être importants à l'histoire mais bien peu mis en avant dans le cadre de la caméra de Tavernier. Inspiré d'un roman de James Lee Burke qui doit probablement bien mieux insister et détailler la petite vie du héros et de ses proches, le métrage souffre lui de longueurs quasiment inutiles. Bourré de dialogues soporifiques et surtout sonnant creux, les relations entre personnages sont juste esquissées et n'apportent strictement rien à l'évolution d'un personnage globalement monotone et encore moins à l'enquête policière dont on en oublie la teneur pendant trois quarts du film. En ne sachant pas trop de quel côté misé, le film se perd dans deux directions opposés : le policier et le drame qui finissent par s'annuler, étant donné que le premier est mis de côté et que le second est survolé. Il ne reste que de beaux décors et une dégaine propre à Tommy Lee Jones tentant de donner du corps à ce personnage faussement fascinant. Histoire d'alourdir encore plus la démarche du réalisateur, une voix off décrit aussi l'avancée du film comme si on avait rien compris et surtout pour tenter de donner un aspect romantique au métrage qui n'y arrive pas avec la seule force de ses images. La bande originale tente de nous bercer dans l'univers cajun, un univers souvent apprécié et facilement attractif mais elle maquille surtout un film qui ne trouve pas son rythme, ne trouve pas son discours, ne trouve pas sa personnalité. Très décevant et premier degré dans sa mise en forme alors qu'on aurait pu avoir réellement quelque chose d'un peu plus envoutant...

Le Monde Perdu (1997) - de : Steven Spielberg - avec : Jeff Goldblum, Julianne Moore

La suite de Jurrasic Park provoqua un joli petit coup de tonnerre à sa sortie. On nous promettait plus de dinosaures, de nouvelles espèces, plus d'action et accessoirement un Jeff Goldblum plus présent. Les promesses ont été tenus. Notre cynique anti-héros qu'est Ian Malcolm (Jeff) tire le film vers lui grâce à son sens de la répartie sarcastique et toujours juste, dans un melting-pot de nouveaux personnages franchement ridicules, sans réelles allures et souffrant de punchlines qu'on qualifierait aujourd'hui de « has been ». On est dans la surenchère et ce sont les acteurs qui en pâtissent le plus (pauvre Julianne Moore), ainsi que tout le travail de fond. Aucune originalité ici, mais des scènes spectaculaires et chocs qui font encore frémir en 2011 grâce à la caméra et au sens de la mise en scène de ce cher Spielberg, agrémentée d'une musique prenante. Les dinosaures sont encore mieux incrustés dans des paysages naturelles cette fois-ci et sont la vedette de ce film. Mais derrière cette image du Monde Perdue de « spectacle » et du « toujours plus » se cache en fait un vide intersidérale et un tiraillement en longueur. En vérité, il n'y a que deux scènes chocs dans ce film et une course-poursuite amusante en fin de film... Et donc cette sensation d'ennui est régulièrement omniprésente fort heureusement entrecoupée par quelques montées d'adrénaline de haute volée. Ce constat était déjà présent à la sortie du film, il y est toujours aujourd'hui. Mais ces deux-trois scènes restent tout de même extraordinaires, tout en sachant que ce ne sont que des arbres qui cachent une forêt scénaristiquement pauvre.

The Mask (1994) - de : Chuck Russel - avec : Jim Carrey, Cameron Diaz

Comicbook assez violent à l'origine, The Mask s'est vu popularisé grâce au long-métrage de Chuck Russell et incarné par Jim Carrey au Cinéma en 1994. L'histoire nous raconte l'existence d'un masque étrange qui confère à l'homme qui le porte des pouvoirs inimaginables mais qui extériorise entièrement le subconscient de la personne. Le sort a voulu que Stanley Ipkiss, banquier célibataire, gaffeur et amateur de cartoons Tex Avery trouve ce masque à la mer. En le portant, il deviendra lui même une sorte de personnage cartoon qui se permettra de jouer de vilains tours à ceux qui le font tourner en bourrique : son patron, son garagiste, sa voisine... Mais son amour pour une jolie danseuse de cabaret (Cameron Diaz) va le pousser à la draguer grâce à ces nouveaux pouvoirs. The Mask est un film à l'humour visuel décapant parfaitement immortalisé par le showman qu'était Jim Carrey en ce temps là. L'acteur glorifie son humour grimaçant et bondissant au service d'un film hommage à Tex Avery saupoudré d'action et d'amour gentillet et attendrissant. Un cocktail explosif qui oscille entre les bons sentiments (avec une magnifique et douce Cameron Diaz en demoiselle en détresse, ça aide) et les petites colères et pétages de plomb du Mask, aidés par un flot d'effets spéciaux extrêmement réussis et s'incrustant fort bien à la photographie du film, toujours inattaquable sur ce sujet aujourd'hui. Un excellent film au comique peu évident à mettre en place et qui n'a, en fait, jamais été égalé grâce à ce dosage de folie incarnée par Jim Carrey débordant d'énergie positif (et jamais lourd). Un chouette spectacle complet et qui sent la bonne humeur dans toutes les secondes du film. Indispensable !