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TICKET CINÉ N°18

Voici donc une nouvelle rubrique : le ticket Ciné. Le but est de vous écrire des avis à chaud sur les films regardés durant la semaine qui vient de s'écouler. Ca peut être n'importe quoi : du Cinéma, en vidéo, ou la télévision et peu importe leur genre (je vous éviterais les pornos, ahem), peu importante la date. L'idée est de pouvoir parler Cinéma sans avoir à écrire d'analyses poussées, étant donné que la priorité reste tout de même le jeu vidéo. Et comme, il y a bien souvent au moins un jeu par semaine... En espérant vous donner envie de regarder ces films. Et il faudra vous habiter à cette notation sur cinq, qui semblera dur pour certains.

Ted (2012) - de : Seth McFarlane - avec : Mark Wahlberg, Mila Kunis

Quand on vous annonce «Ridley Scott + Russel Crowe » nous pensons tous évidement au cultissime Gladiator. Alors quand ils vous annoncent de concevoir un Robin des Bois réaliste, vous en attendez beaucoup. A l'origine, le film devait s'appeler Nottingham et offrir une histoire totalement à contre-curant à propos de Robin en s'axant sur le point de vue du Shérif qui aurait dû être incarné par Russel Crowe. Plus tard, l'idée germa rapidement que l'acteur pouvait endosser les deux rôles ne nous laissant que notre imagination pour justifier ça. Finalement, ons 'orientera vers quelque chose de bien plus consensuel et déjà vu. Beaucoup ont clamé « Robin des Bois, c'est Gladiator mais au moyen-âge ». Ce n'est pas le cas. Dans ce métrage, l'idée est de conter comment est né la légende de Robin des Bois d'après des faits réels, autrement dit le passage de la couronne du Roi Richard mort en France à son frère Jean. Pourquoi pas ? Hélas, le film n'a aucun souffle épique, aucune fantaisie, aucune grandeur et se contente de mimer un schéma classique de révolution de fond avec histoire d'amour rapidement esquissé. Robin se fait passer pour un noble, Robert de Loxley afin que la belle (enfin non Cate Blanchett est très moche) Marianne conserve son rang et ses richesses. C'est un espion français qui est le grand méchant de l'histoire avec un Jean ridicule et pas crédible avec une couronne trop grande pour lui et un Shériff de Nottingham ne faisant qu'une apparition éclaire. Une grosse déception pour ce film très froid et impersonnel, que ce soit dans le jeu d'acteur sans une once de chaleur ou de sentiments crédibles que dans une caméra abusant de ralentis et plans serrés cheap pour illustrer une bataille... Une bataille d'ailleurs franchement mal chorégraphiée et peu passionnante à suivre ou à vivre. Le montage du métrage est aussi litigieux car pas franchement limpide à l'histoire abracadabrantesque où les trahisons fumeuses sont légion. Ni dans l'optique d'un réalisme, ni dans l'optique de la fantaisie d'une légende, ce Robin des Bois s’épanouit. Un métrage sans aucune saveur. Beau gâchis.

Drive (2011) - de : Nicolas Winding Refn - avec : Ryan Goslin

Drive est un film d'une simplicité à l'efficacité redoutable. Un jeune conducteur au nom inconnu (Ryan Goslin) apparemment sans histoire est cascadeur. Avec son manager, Shannon (Brian Cranston), il devient pilote de stock-car financé par un membre de la pègre local. La nuit, ce conducteur accepte des contrats de chauffeur pour des casses. Il conduit seulement, à la minute près, sans un mot, sans détails, sans questions. Mais lorsqu'il voudra rendre service au mari sorti de prison de la femme dont il tombe amoureux (Carey Mulligan), il se fait piégé et mêlé à un braquage de la Mafia. Drive, c'est surtout un film très visuel, très classieux, très coloré où la carrosserie et les lumières d'une ville dans la nuit sur fond de musique electro douce et entrainante animent les yeux et les tympans des spectateurs. Reprenant le style visuel des années 80 (couleurs chaudes, musiques electro-pop) mais remis au goût du jour : plus racé, jamais too much, aux cadrages purs sans effets de style, de mouvement exagérés, le film est simple dans le bon sens du terme. Pourtant coupable de scènes très violentes, le film reprend le calme apparent de son personnage muni de caméras jamais agressives, se contentant de bien poser le regard sur chaque scène d'un œil neutre froid et imperturbable, malgré certaines scènes chocs. Drive n'est pas là pour montrer un film violent, un film complexe, de longs dialogues. Fidèle au héros, il montre les choses qui doivent être montrés et fait ce qu'il y a à faire. Un film surprenant puisqu'il ne se veut pas ambitieux, au propos simple au scénario vraiment old school (celui du héros taciturne qui va défendre la veuve et l'orphelin) mais muni d'une image et d'un son léché, stylisé, presque gracieux... Un film prenant, électrisant par la forme et vraiment joli (bien que ce terme soit subjective) dans le fond par cette histoire d'amour tendre et naïf entourée scènes violentes et sanglantes qui y sont montrées. Formellement très chouette et une réappropriation des codes des 80's tout en retenu. Un petit peu dans la veine de Miami Vice de Michael Mann mais encore plus poussé.

Bad Lieutenant : Éscale à la Nouvelle-Orléans (2010) - de : Werner Herzog - avec : Nicolas Cage

Malgré le titre, Bad Lieutenant de Werner Herzog n'est pas un remake de Bad Lieutenant d'Abel Ferrara avec Harvey Keitel. Bien que son héros (Nicolas Cage) soit un accro à la cocaïne malgré son badge de lieutenant de la Police de la Nouvelle-Orléans. En sauvant un homme de la noyade pendant l'ouragan Katrina, Terence McDonagh se blesse sérieusement au dos au point d'avoir besoin constamment d'analgésiques. De plus en plus dépendant aux médicaments, il passe à l'herbe et à la cocaïne, et continue d'enquêter tout en entretenant une relation sérieuse avec une prostituée. Mais alors qu'une grosse affaire de meurtre par un gang se profile, toutes les emmerdes du monde s'abattent sur lui : dettes, drogues, le mac de sa copine... Il va devoir résoudre cette affaire tout en gérant ses problèmes personnelles... sur fond de trips cocaïnées. Ce film est très très surprenant dans la mesure où le spectateur voit mis en scène un Nicolas Cage complètement dingue, aux yeux dilatés, et aux méthodes de flics de plus en plus vicieuses et ripoux. Un « Cage Show » que l'on n'avait plus vu depuis bien longtemps depuis que l'acteur cachetonne dans n'importe quoi pour éponger ses dettes. Pendant que l'on voit ou croit voire la déchéance d'un leutenant de Police qui se détruit physiquement et mentalement, l'enquête avance switchant entre les moments personnels du personnage créant une sorte de consternation pour ce personnage non pas drôle mais plutôt pathétique. Néanmoins, Herzog préfère s'en amuser et le ton du film est clairement décalé comme en témoigne ces fameux plans montrant les hallucinations du héros mettant en scène un iguane complètement en dehors de la scène mais spectateur comme le public. Pas franchement comique, mais pas franchement dramatique, il y a une sorte de second degré mêlant pathétisme et empathie. Un film vraiment surprenant au twist final vraiment intéressant et prenant mettant en lumière un personnage bien dingue. Le film profite aussi d'une certaine côte de sympathie avec le décors de la Nouvelle-Orléans, apprécié pour sa culture exotique issue des anciennes colonies françaises, rendant ainsi cohérent et compréhensible ce choix plus « trippant » que « violent » du réalisateur.

Pulp Fiction (1994) - de : Quentin Tarantino - avec : Jogn Travolta, Samuel L.Jackson, Bruce Willis

Classique de chez classique, Pulp Fiction est probablement la quintessence du Cinéma de Tarantino. Sa déstructuration narrative où s’emmêlent les multiples points de vue et différentes temps d'action ont fait le succès de ce film. Même si l'on peut considérer que Jackie Brown est encore plus fouillé narrative ment parlant, Pulp Fiction impressionne pour son côté « petites histoires ». Avec ses dialogues parlant de tout et rien, on prend pour sympathie ces tueurs à gages qui finalement débattent sur comment doit s’appeler un Cheese Burger, en allant buter un type dont on ne sait foutrement rien et dont on se fiche. S'intéressant plus à l'espèce de vie du quotidien de ses personnages qu'à la réelle utilité de son scénario, Tarantino multiplie alors les scènes cultes, les passages stylisés, drôles, parfois tendues, parfois crispantes en justifiant ces « saynètes » par la liaison de ces petits rien du quotidien qui constituent une histoire à raconter. Clairement plus un exercice de style qu'un Cinéma ambitieux, cet espèce de « recueil » d'histoires impressionne par sa justesse et surtout sa diversité des séquences. Exemple tout bête : Vega (Travolta) et Jules (L. Jackson) qui nous offrent un tandem humoristique et décontractée en début de film se permettent de changer totalement de ton en fin en parlant de religion, de destinée, de changement de vie... Une journée dans la vie de truand (techniquement, ce serait plus deux mais peu importe). A voir, si ce n'est pas déjà fait.