Follow @PG_Birganj Tweet

E3 2011 : notre bilan

salon du 7 au 10/06/2011 à Los Angeles

Comme chaque année, nous allons écrire notre bilan de l'E3, qui s'est déroulé du 7 au 10 juin dernier. Cette année, nous avons plutôt été précis dans nos résumés et si vous les avez lu, vous avez donc dû vous forger une opinion assez tranchée. Néanmoins, prendre du recul deux semaines plus tard pourra faire du bien et apprécier ou non cet E3 2011. Il faut aussi dire que l'E3 n'est plus surprenant depuis de longues années et il semble bien inutile d'espérer du neuf à chaque fois. Pourtant cette saison, nous avions le fameux Projet café en ligne de mire où 01.net et autres sources américaines parlaient d'une machine très puissante chez Nintendo. Il y avait aussi la NGP, soit la PSP 2 qui avait été présenté mais pas en détails. On espérait donc un trop gros E3 en annonce sou surprises hardware.

Microsoft : bis repetitita

Comme chaque année, le salon débutait avec la conférence de Microsoft. Et comme chaque année, Microsoft abusait de licences-tiers pour masquer son manque cruel de renouvellement. C'est Call of Duty, Tomb Raider et Mass Effect 3 qui furent présentés en ouverture d'une conférence dont on connaissait déjà tous les tenants. La conférence de Microsoft s'est largement axé sur Kinect. Le drame absolu. Tous les jeux présentés sous forme de Kinect étaient des rails shooter... Plus amusant et surtout révélateur du manque d'inspiration que provoque l'accessoire : le jeu Fable : Journey. En théorie, Peter Molyneux est censé s'occuper de développer ludiquement Kinect. C’est à lui qu'on a confié le Projet Milo présenté l'année dernière où un garçon virtuel réagissait aux mouvements et la voix du joueur. Le Projet es tombé à l'eau mais Molyneux, éternel pipeauteur promettait des interactions novatrices grâce à Kinect. Son jeu Fable est au final un rail shooter où l'on devra envoyer des boules de magie sur des ennemis... De plus, on a appris plus tard que le jeu était à peine débuté et qu'on ne le verra pas avant fin 2012.

Le meilleur exemple qu'est la fumisterie Kinect de Microsoft. Microsoft a passé la moitié de sa conférence dessus en essayant de nous vanter les qualités de divers mini-jeux, des suites de Kinect Sports ou Dance Central qui vu d'ici ne proposent strictement rien de neuf... Mais aussi un système de commande Xbox à l'oral. C'est à dire que bientôt, en upgradant notre Xbox, nous pourrons naviguer dans les menus dans pad. Pour cela, il faudra se la péter à la Minority Report en balayant vos mains pour se scroller ou pointer les menus ; ainsi que de dire à haute voix les mots-clés de vos fichiers. Pour cela, Microsoft a travaillé depuis leur moteur de recherche Bing pour qu'il puisse retrouver instantanément tous les fichiers portant le mot-clé « Halo », par exemple. Ca pourra être une image .jpg, une vidéo ou un jeu fraichement téléchargé. Dit comme ça, ça paraît cool et bandant de se croire dans le futur. Sauf que dans la pratique, la chose était assez lente car cela nécessite une certaine concentration et précision des gestes. Ce qui est logique puisque vous interagissez dans le vide. A partir de là, on pose la question : à quoi ça sert si vous allez plus vite au pad ? C'est la même problématique qu'une souris PC, ça fait des années qu'on a cherché de meilleurs systèmes d’interaction (taper du texte à l'oral, avoir un grand écran tactile, etc) au final, votre main est bien plus agile pour manipuler des objets : réels ou virtuels. Ce qui semblait être le « grand coup » de Microsoft pour ce salon se révéla être un gadget inutile. Microsoft a ensuite assurer avec ses valeurs sûrs : Gears of War 3 qu'on connait déjà bien ; Forza 4 dont on a pas vu grand chose ou du moins pas suffisamment pour se faire une idée vis à vis du troisième opus ce qui signifie généralement que ce sera sans grosses surprises ou claque. Le fameux remake du premier Halo, là aussi du déjà vu... Et enfin un teaser de Halo 4 qui se déroule dans l'espace... Pour fin 2012.

La conférence de Microsoft stigmatise tout ce qu'on critique depuis des années dans la communication : zéro surprises. Zéro que ce soit dans les annonces puisque tout était connu depuis des mois, à part le rapide Fable : Journey mais aussi zéro car aucune nouveauté de licences software ou hardware n'a été dévoilé. Microsoft semble aussi beaucoup trop miser sur son Kinect qui est très mal parti pour être correctement exploité quand on voit la blinde de rails shooter qui est annoncé, dont le fameux Star Wars mou comme c'est pas permis. Aussi mou qu'Obiwan dans Un Nouvel Espoir...
Heureusement, Microsoft peut toujours s'appuyer sur ses trois licences qui lui apportent fortune et bonne presse grâce à une fanbase solide, mais ce ne sera pas grâce à cet éditeur/constructeur que nous seront emballés dans l'année à venir. Miser sur Kinect fonctionnera peut être à court terme vu le nombre d'américains à avoir acheter l'accessoire mais vu qu'en deux ans, il n'y a eu qu'un seul jeu sortant des sentiers battus (Child of Eden), on doute fortement de l'intérêt sur le long terme. Le joueur, lui, fut floué par la politique de MS.

Sony : un prix et c'est tout

Deuxième à rentrer dans la danse, Sony nous l'a joué, lui aussi comme à son habitude. Que des titres maisons et exclusifs en balançant la sauce sur Uncharted 3 et Resistance 3. On peut penser qu'avec l'affaire du hack, Sony ait surtout voulu assurer leur marché rapidement et donc s'axer surtout sur les jeux sortant dès cet automne. En effet, l'E3 sert surtout d'indication de la politique à venir pour les investisseurs, ainsi l'éditeur a voulu assurer avec des jeux « tous jouables aux stands » nous affirmait Jack Tretton et non des teasers mirobolants venteux comme Killzone 2 ou plus récemment Final Fantasy XIV qui est pratiquement annulé sur PS3 d'ailleurs vu le massacre qu'a été la version PC... Si c’est plus rassurant pour l'éditeur, le joueur, lui, n'a pas été émerveillé puisqu'encore une fois, il sait ce qu'est Uncharted ou Resistance. Même si les phases de gameplay longtemps montrés sont très efficaces mais là n'est pas la question.

A l'instar de Microsoft et son Kinect, Sony a beaucoup insisté sur son PS Move. L'unique mais cruciale différence est que Sony n'impose pas son pad. Tous les jeux des éditeurs-tiers exploitant le Move sont optionnels. Ce sont des jeux jouables au pad ET au Move si le joueur le souhaite. C’est le cas de NBA 2K12 qui reprend, si on l'envie nous prend, une jouabilité similaire au PES Wii : on pointe la direction du ballon pour créer le jeu, un patch Little Big Planet 2 ou encore une annonce (vite fait) de Ken Levine pour son Bioshock Infinite. Dans cette histoire, ce qu'il faut retenir, c'est que Sony en a un peu rien à foutre de son PS Move mais fait de son mieux pour l'importer intelligemment sans l'imposer et donc sans perturber ses fans hardcore. Mais d'un autre côté, il rate le grand public... Une position entre deux chaises qui devrait franchement offrir au maximum un petit succès d'estime auprès d'une poignée de joueurs du PS Move. Car à l'heure actuelle et vu la politique choisie de Sony, on voit mal comment l'engin pourrait pousser à être exploité (si une wiimote ne l'a pas été, pourquoi un Move ?), ni comment il pourrait être accueilli par le public familiale vu le peu de publicité et peu de jeux adéquats. Un peu étonnant d'ailleurs vu que Sony a été précurseur de ce genre de party-game avec EyeToy, Buzz ou Singstar... D'un autre côté, si ça a été fait on comprend que cela n'a pas grand intérêt de recommencer. En tout cas,le Move est parti pour errer comme un fantôme dans le paysage vidéoludique. Quelques élus pourront le voir y jouer et la majorité se tournera vers la wiimote implantée ou le tape-à-l'oeil Kinect... Ou des jeux au pad, souris/clavier ou stick, tout simplement.

Enfin, la NGP a eu droit à son vrai nom : Playstation Vita. Malheureusement, on a rien appris de plus si ce n'est son prix de 249 euros pour du wifi et 299 euros pour du wifi et 3G. On apprend que Sony mise beaucoup sur la complémentarité avec la PS3 (ce qu'ils avaient déjà essayé avec la PSP) où certains jeux auront des sauvegardes compatibles. Commencez un jeu sur PS3, terminez le sur Vita. Mais ça sent surtout l'achat de double jeu... Sauf pour des jeux PSN. Au vu du line-up, il est évident que le hardware a été conçu pour favoriser les portages PS3. Si d'un côté, on sera sûr que la Vita sera alimenté en jeu (puisqu'il sera moins coûteux de porter un jeu PS3) ; de l'autre, on craint que l'originalité ne soit pas de mise avec une volonté de rentabiliser au maximum des développement coûteux sur PS3... Il y a pour l'instant, beaucoup de portages d'annoncés mais la lueur devrait venir du Japon, une fois de plus avec par exemple Dragon's Crown, un beat'm all 2D de Vanillaware. Mais pour le line-up de lancement, fixé à un vague fin 2011, la crainte d'une multitude de portages est trop présent.

Nintendo : Puissance 4

Nintendo, lui, a joué dans une cour différente puisque la société était la seule à proposer un nouvel hardware. Après avoir survoler ses jeux 3DS (Mario 3D, Mario Kart et un nouvel épisode de Luigi's Mansion très très très identique au jeu GameCube et un Kid Icarus qui promet avec un gameplay varié et du multi), nous avons eu droit à la présentation de Wii U. Reggie Fils-Aimé nous précise que c'est le « U » pour « Unité », « Unique » ou encore « Utopie »... Pas du prétentieuse cette présentation... Mais assurément confuse car il aura fallu énormément de recul et d'infos à postériori pour comprendre. Wii U est une nouvelle console qui nous dit-on sera complémentaire de la Wii. On pourrait dire que c'est la fameuse « Wii HD » réclamé depuis des années qui sera là pour concurrencer la 360 et la PS3 sur leur terrain. La différence est que son pad est muni d'un énorme écran de 15cm où l'on pourra streamer le flux vidéo de la console. Autrement dit, jouer sur sa télé ou switcher sur son écran portable. Super, non ? Mais pour que ça fonctionne, il ne faut pas que la distance sans fil soit trop éloignée. Et quid de son utilité ? Car rappelez vous que cette fonction existe déjà entre la PSP et la PS3 (vous pouvez jouer à la PS3 sur votre PSP de la même manière) sauf que peu de gens le savent et que porquoi s'emmerder à jouer sur un eptit écran quand on peut l'avoir sur son téléviseur ? Dans le clip de présentation, on voyait Kevin switcher sur sa portable pour laisser papa-maman mater Jean-Pierre Pernaut... Mais franchement ? Kevin ? Le petit Kevon pourri gâté a probablement sa chambre maintenant alors l'intérêt de switcher sur son écran portable ? Apparemment cette fonction a étonné beaucoup de gens au salon et on se demande bien pourquoi. Il faut dire que l'euphorie ambiante incite aux journalistes d'être beaucoup plus coulants et influençables. Heureusement, l'écran pourra servir de complément dans certains jeux, comme une map par exemple. Ce qui existait déjà entre la GBA et la GC. Mais le pad ayant une fonction gyroscopique (comme une Sixaxis, une 3DS ou une Vita), Nintendo semble offrir un maximum de gadgets pour amuser les développeurs et joueurs. Ubisoft a foncé tête baissé dedans en proposant une démo d'un FPS avec des lapins crétins skinnés en aliens. Le testeur jouait en public à un FPS en bougeant sa manette Wii U... C'était imprécis, injouable et mou (un peu comme Lair sur PS3 quoi).

En fait, on a compris le truc : Wii U est avant tout une console HD pour avoir la ludothèque PS3-360 porté chez Nintendo. Les éditeurs-tiers ont promis qu'ils porteront leurs jeux... Sauf que le hardware de la Wii U n'est même pas défini et que ces mêmes éditeurs n'ont rien développé du tout. De plus, la Wii U au design hardware et objet expérimental ne sortira qu'à un vague 2012. Autrement dit, la console aura pas mal de retard, surtout si Nintendo lui même ne sait même pas la composition de sa console. Car les seules démos jouables présentées étaient issues de oprtages faciles, comme un Ghost Recon moche avec zéro ennemis à l'écran, un New Super Mario Mii (aux graphismes Wii) et une démo technique de Zelda en espace clos où la seule interaction possible était de changer l'angle de caméra et de switcher des lumières... Insultant. La Wii U est en fait à l'heure actuelle qu'un prototype (propos de Reggie Fils-Aimé lui-même) consistant à rattraper le retard technologique de ses concurrents en y ajoutant un petit gadget pour faire maquiller l'inutilité de l'objet. En fait, c'est l'équivalent de la 3DS (qui souffre aussi d'une multitude de portages à la stéréoscopie peu utile). Et c'est le cas car Nintendo explique qu'il veut travailler sur 4 consoles ! La DS, 3DS, Wii et Wii U. Car, certains jeux seront par exemple développés à la fois sur 3DS et Wii U... On se pose alors une question étrange : la Wii U se vante d'être technologiquement avancée mais recevra des jeux 3DS ? N'est-il pas incohérent de proposer ce genre d'interaction entre deux hardwares si différents ? Récapitulons : Nintendo ne connait pas le hardware de sa propre machine (aucun jeu n'a réellement débuté et les propotypes de kits de développement sont bridés à un strict minimum, ce qui laisse le constructeur libre de choisir le meilleur rapport qualité/prix, surtout en ce qui concerne la carte graphique) ; Nintendo ne maitrise pas sa propre politique (portages HD ? Compatibilité avec 3DS ? Complément à la Wii ? Tout ça a été évoqué au sein d'une même présentation) ; et aucun jeu n'était réellement jouable... Nintendo nous a dévoilé un projet hardware complètement flou et incertain dont le maximum dont on pourra en tirer sera des portages de jeux PS3 et 360 avec deux ans de retard...

En fait, si la conférence de Nintendo fut la plus surprenante, elle a surtout été la plus mensongère, la plus incertaine et la plus foireuse du salon. La firme veut manger à tous les râteliers en misant sur la présence économique de la DS et la Wii tout en essayant de rattraper les joueurs dits « hardcore » avec des consoles propices à de portages de jeux existants (3DS, Wii U)... Nintendo semble se déconnecter totalement de l'époque et se décale complètement par rapport à la concurrence. La carte graphique de la Wii U serait basé sur une Ati RV770, ce qui démontre que Nintendo voit assez large car cette technologie est utilisée depuis des cartes graphiques de 2008 jusqu'à 2009 avec tout un panel de bas, moyen et très haut de gamme... Connaissant Nintendo et son goût pour les bonnes affaires, vous n'aurez pas du très haut de gamme de l'époque. Quoiqu'il en soit, Nintendo a rendu sceptique les joueurs de part son flou immense qui entoure leurs intentions vis à vis de Wii U, mais aussi ses investisseurs puisque la firme a subit d'importantes baisse à la bourse suite à cette annonce que l'on peut qualifié de raté.
A vouloir le beurre et l'argent du beurre, à savoir vouloir miser sur quatre consoles, Nintendo risque de faire fuir à la fois ses consommateurs très grand public (la 3DS est un bide à l'heure actuelle que Nintendo attribut à des problèmes de... communication) mais aussi les éditeurs-tiers qui ne verront peu d'intérêt à travailler exclusivement sur une console dépassée en 2012 sur laquelle plane l'ombre de la familiale Wii. Si la sucess story de Nintendo reste incertaine, il y a une chose qui est sûr, le jeu vidéo ne vas pas être révolutionné par Nintendo avec sa gamme 3DS/Wii U.

Annonces divers à néant

En général, on a droit à quelques annonces pour l'E3. Du moins c'était une vieille tradition puisqu'au fil des années, les annonces ont été soit fuités en avance, soit annonces dans des « pré-E3 ». Cette année, nous avons dû battre des records d'inactivité. Il n'y a aucune réelle annonce à se mettre sous la dent, à part timidement Dragon's Crown de Vanillaware : un beat'm all old school en 2D pour Vita. On pourrait dire que Fable : Journey a été une surprise bien qu'on ait appris que le développement n'en était qu'à ses débuts et qu'un rail shooter n'a rien d’impressionnant... On peut citer Killer Freaks from Outer Space, le « Red Steel » de Wii U. Autrement dit le jeu de lancement d'Ubisoft qui va vouloir jouer l'innovation avec une jouabilité pathétique dans un concept linéaire au possible. En effet, le testeur galérait pas mal sur scène à bouger son pad pour mouvoir son personnage (Sixaxis-style). On pourrait citer Luigi's Mansion 2 qui, hélas, est identique au jeu GameCube : zéro nouveautés, juste une re-conception de niveaux, bien que le jeu soit toujours joli avec ses effets d'ombre et de lumière.

Capcom n'a rien lâché de nouveau (alors que des rumeurs parlaient d'un vrai Resident Evil 6 en développement), à part un portage à peine esquissé de Street Fighter X Tekken sur Vita (le jeu ramait en direct et n'était qu'une vidéo faussement joué par Yoshinori Ono). Square Enix n'a pas parlé de Thief 4 pourtant en développement chez Eidos Montreal, a fait joué enfin à son renouveau de Hitman : linéaire et facilité au possible... Son Tomb Raider était lui aussi jouable mais terriblement scripté et blindé de QTE pour tout et rien ralentissant l'avancé du joueur plus qu'autre chose : une sorte d'Uncharted 2 encore plus dirigiste. Ubisoft veut nous émoustiller avec Ghost Recon : Future Soldier où le joueur est sans arrêt guidé par les directives du chef avec une escouade armée jusqu'aux dents avec possibilité de se rendre invisible et mater derrière les murs... Ah on a bien eu Far Cry 3. Qui laisse sceptique vu que ça n'a vraiment plus rien à voir avec la série de base (c'était déjà le cas avec le 2) et qu'on a vu un énième FPS scripté jusqu'à la moelle dans un paysage de jungle (très à la mode les jungles depuis quelques années). On a tout de même eu la confirmation du portage 360 de The Witcher 2 (une fausse surprise puisque le jeu PC a un gameplay 100% console qui incite d'y jouer au pad 360 justement). Pas d'annonce chez Sega vu que Sonic Generations a été annoncé plusieurs mois auparavant.

Ce qui au final nous confirme une chose : c'est devenu inutile, has been et peu rentable d'annoncer ses jeux à l'E3. En effet, la couverture médiatique pour une conférence unique ou pour un bon gros coup de pub sponsorisé par GameInformer semble être la piste privilégiée des éditeurs. Mais alors, à quoi sert l'E3 ? En vérité, l'E3 a toujours servi de publicité et de communication vis à vis des actionnaires des éditeurs. Le but du jeu était de faire connaître et mesurer la température des annonces et projets divers de chacun des éditeurs. Et à ce petit jeu là, il semblerait que les éditeurs veuillent éviter de prendre des risques... D'ailleurs, les éditeurs très à l'aise financièrement comme Activision-Blizzard ou encore Valve sont absents de l'E3. Les éditeurs japonais ont pris l'habitude de se mettre à l'écart de ce show américain, il ne reste plus que quelques éditeurs occidentaux habitués aux politiques bien calibrés sans prise de risques. EA ayant tout miser sur Battlefield 3 (et a tenté de provoquer un mini-scandale en affirmant avoir refouler Bobby Kotick, président d'Activision à la présentation presse du jeu), même Mass Effect 3 n'a pas franchement impressionné et s'oriente hélas vers de l'action brute. Ubisoft a misé inexplicablement sur Ghost Recon ainsi que ses gadgets kikoos inutiles avec Wii U et options Kinect. Square Enix, ayant désormais un visage occidental a fait le strict minimum et a surtout marqué pour ses trailers en Cgi : c'est toujours efficace à défaut d'être informatif. Namco Bandai est déjà tourné vers le TGS avec leur programme déjà fixé à base de « nouveau Naruto », « nouveau DBZ » et « nouveau Saint Seiya ».

A quoi sert donc l'E3 ? Franchement... A rien. Tout y étant si fade et sans surprises, avec en plus le luxe de se farcir des conférences chiantes à mourir dont un morceau de promesse appelé Wii U. D'ailleurs à peine deux semaines après l'E3, on apprend quoi ? Rockstar parle de son GTA V, Namco Bandai officialise dans Jump, un beat'm all Saint Seiya et sussure l'éventualité d'un Dragon Quest X sur Wii U... En gros, l'E3 n'est plus qu'un plateau à campagnes de pubs et de promesses marketing : rien de concret.

D'habitude, nous listons que nous avons jugé intéressants et les choses décevantes mais... Ce n'est pas l'image qu'a laissé cet E3 2011. On pourrait très bien mentionner Elder Scrolls V, Rage, Kid Icarus ou encore le Mario 3D qui, grâce à sa profondeur de champs renforcée par ses plate-formes angulaires va enfin exploiter la 3D de la 3DS. Mais soyons sérieux cinq minutes, ces jeux n'étaient même pas destinés à l'E3. Rage est attendu depuis des années, Skyrim n'a eu qu'une démo jouable sans aucune présentation et Kid Icarus était une des surprises de l'E3 2010. Quant à Mario... Ben c'est Mario... Nous reparlerons de ces jeux au moment venu, pas noyés dans un flot de frustration qu'a été cet E3.