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Metal Gear Solid

sortie le 3 septembre 1998 (Japon) ; 26 février 1999 (Europe) sur PS1
écrit par Matthieu
édité par Konami
développé par Kojima Productions

Il est difficile de s’attaquer directement à Metal Gear Solid alors je vais plutôt commencer par le présenter succinctement puisque tout le monde ou presque le connaît. Le jeu est développé par les studios de Konami, dirigé et écrit par Hideo Kojima et est sorti en 1998 sur Playstation. Il fait suite aux épisodes Metal Gear and Metal Gear 2: Solid Snake sortis sur MSX2.
Se présentant comme culte et comme étant le meilleur épisode de la série, je me propose de mettre en relief tous ces défauts qui, aux yeux de certains joueurs, suffisent à s’en désintéresser.

Une caméra à chier

Commençons d’abord par la question du scénario. Malgré que nous soyons dans la rubrique « retour de bâton », il serait juste idiot de lui reprocher quelque chose. Complexe et bien mis en scène, c’est l’un des points forts indéniables de la série. De même que les musiques qui sont justes intouchables mais qui elles, nous touchent profondément. Ces deux points mis de coté, nous voilà parti pour démonter le petit Snake !
Première attaque facile mais oh combien rationnelle, le placement de caméra. Nous sommes dans ce qui se définit comme un jeu « Tactical Espionage Action » et là qu’est ce qu’on nous pond ? Une vue de haut à la hack’n slash non propice à la mise en place de « tactiques » et réellement handicapante. Seulement les développeurs ont pensé à tout et pour compenser cette vue de merde, ils nous ont mis le radar soliton. Bonne idée, on y voit tout et même l’invisible : le champ de vision des ennemis ! Le jeu devient d’un seul coup d’un seul beaucoup plus simple puisqu’il s’agit de mater votre radar en faisant juste attention à ne pas passer dans le champ de vision de 5m des gardes qui patrouillent. Une fois votre première arme récupérée, vous utiliserez le radar à des fins meurtrières. En effet, puisque vous ne pouvez pas voir les ennemis autrement qu’avec votre radar, vous tirerez souvent dans le vide en espérant toucher quelque chose : jouissif. Vous pouvez toujours vous rapprocher mais je vous mets alors au défit de me convaincre de l’utilité d’une arme à cette distance. La caméra est à chier c’est un fait, mais le gameplay possède également quelques grosses lacunes. On vous propose de vous coller contre les murs pour pouvoir voir ce qui se passe puisque la caméra ne le permet pas. C’est une bonne chose, mais pourquoi avoir attendu le deuxième épisode pour se mettre à découvert et shooter les gardes ? Globalement en ce qui concerne la série, les Metal Gear Solid ont toujours été à la ramasse question gameplay. D’une rigidité extrême, le serpent ne se meut pas tel quel. Il vous arrivera souvent de faire de fausses manipulations et de vous retrouver en train de ramper fasse à un ennemi qui est en train de vous tirez dessus. Sincèrement celui qui vous dit que le gameplay de Metal Gear Solid est souple, même pour son époque, c’est un menteur. Snake est rigide, et ne se manie pas comme on l’aurait souhaité pour un gars qui fait de « l’infiltration ».

«Meta Gueule Solid»

Revenons en maintenant à la question du scénario. Là tout est question de gout et c’est être de mauvaise fois que de lui reprocher quelque chose. Alors certes il est parfois un peu trop alambiqué et si vous demandez à plusieurs de vos amis de vous raconter l’histoire de la série, tous auront une version différente, mais le boulot est fait et bien fait. Cependant ce qui est critiquable c’est le ratio heures de jeu/heures de cinématiques (ou codec et cut scene) car dans un MGS, vous aurez parfois l’impression d’être spectateur plus qu’acteur du jeu. Alors on peut se poser la question suivante : est ce le but d’un jeu vidéo que de proposer comme divertissement celui d’un film interactif ? Certains vous diront que oui, d’autres que non. Toujours est-il que dans MGS beaucoup ne verront pas où est le fun que se doit de proposer tout bon jeu vidéo.

Question doublages tout le monde vous le dira, la version française est culte : pourquoi ? Tout simplement parce qu’on se fend la poire tellement c’est caricatural. Emmanuel Bonami fait ici un travail remarquable ! Cela aura d’ailleurs donné lieu à un caricature du jeu très célèbre sur internet du nom de « Meta Gueule Solid ».

J’ai envie de synthétiser tout ça en disant que Metal Gear Solid en tant qu’œuvre à part entière est irréprochable, mais qu’en tant que jeu vidéo, là c’est discutable. Si vous recherchez du fun immédiat il est clair qu’MGS est une daube. Si vous cherchez du réalisme passez votre chemin. Si vous cherchez de l’infiltration à la manière d’un Splinter Cell (la comparaison est discutable puisqu’à cette époque Snake n’avait pas de concurrents sérieux) passez votre chemin également. Metal Gear Solid est adoré autant que détesté et c’est pour ça qu’on l’aime … ou en l’occurrence ici, qu’on le déteste !